Projet d’autoroute A69 : Les travaux peuvent-ils être suspendus ?

Episode judiciaire Une audience en référé suspension devant le tribunal administratif s’est tenue ce jeudi 26 juillet. Le juge rendra sa décision la semaine prochaine

Lucie Tollon
Durant une manifestation des opposants à l'autoroute A69
Durant une manifestation des opposants à l'autoroute A69 — Christian Bellavia
  • Le tribunal administratif de Toulouse examinait mercredi et jeudi un référé suspension déposé par les opposants à l’autoroute A69 pour suspendre les travaux.
  • La dizaine d’associations derrière ce référé dénonce l’impact écologique du projet tout en soulignant l’absence d’impératif majeur et d’intérêt public de cette autoroute.
  • En attendant la décision du tribunal qui doit tomber en début de semaine prochaine, le chantier commencé en mars, continue.

Énième épisode pour le projet d’autoroute de l'A69. Alors que le chantier de l’autoroute entre Toulouse et Castres a déjà démarré depuis mars, il pourrait être suspendu dans les jours à venir. Ce jeudi, se tenait l’audience du référé suspension déposé par une dizaine d’associations au tribunal administratif de Toulouse. France Nature Environnement, les Amis de la Terre ou encore la Confédération paysanne et Attac espèrent obtenir la suspension des travaux de construction de l'A69 en attendant le jugement sur le fond.

Durant ces plus de quatre heures d’audience, l’avocate des associations, Alice Terrasse a présenté les différentes menaces de ce projet sur les espèces protégées mais aussi sur la flore. Ce chantier, en effet, comprend l’artificialisation de 550 hectares de sols dont 25 hectares de zones humides et 400 hectares de terres agricoles. Une centaine d’agriculteurs sont expropriés. La demande de suspension des travaux repose également sur la mise en danger d’un site Natura 2000, au niveau du viaduc de l’Agout.

À cela s’ajoute, selon l’avocate, qu’aucun impératif majeur et d’intérêt public « ne peut justifier la construction de l’autoroute ». La fréquentation estimée de cette parcelle serait de 6.500 véhicules pour un coût de 17 heures aller-retour. Un besoin qui n’existerait donc pas selon les opposants.

« Chaque mois de retard coûterait 7 millions d’euros »

« Chaque mois de retard coûterait 7 millions d’euros », a réagi la partie adverse qui a rappelé que le projet a été validé par la loi d’orientation des mobilités et qu’il s’agit d’un chantier à 450 millions d’euros dont 130 qui ont déjà été dépensés. Les avocats d’Atosca et de Guintoli ont également remis sur la table les objectifs de désenclavement du bassin Castres-Mazamet tout en répétant que tous les sujets abordés durant cette audience avaient déjà été discutés et tranchés…

Pour rappel, l'A69 est un projet vieux de 30 ans. Ce sont 50 km d’autoroute qui suivra la RN126, intégrera deux déviations, créera trois échangeurs et traversera 17 communes entre la Haute-Garonne et le Tarn. En attendant la décision du tribunal, début de semaine prochaine, les travaux démarrés en mars, se poursuivent.