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HEBERGEMENTA La Baule, le camping municipal transformé en village pour saisonniers

La Baule : Face à la pénurie de logements, le camping municipal transformé en village pour saisonniers

HEBERGEMENTUne trentaine de bungalows viennent d’être aménagés pour accueillir des travailleurs saisonniers, qui ont de plus en plus de mal à trouver où se loger
La ville de La Baule a transformé son camping municipal en village de saisonniers
La ville de La Baule a transformé son camping municipal en village de saisonniers - J. Urbach / 20 Minutes / 20 Minutes
Julie Urbach

Julie Urbach

L'essentiel

  • A La Baule, l’ancien camping municipal a été transformé en village d’une trentaine de bungalows, à destination des travailleurs saisonniers.
  • Ces logements modulaires meublés et tout équipés, installés en huit mois, semblent satisfaire les chanceux qui ont pu en bénéficier cet été.

Sur l’une des terrasses en bois, baignée par le soleil, du linge a été mis à sécher. Un peu plus loin, un jeune homme tout juste réveillé termine sa cigarette avant d’enfourcher son vélo. A première vue, ce camping tranquille de La Baule, sous les pins, ressemblerait à n’importe quel autre, au détail près qu’aucun des occupants que vous croiserez n’est en vacances. Car depuis le mois de juin, ce sont des serveurs, animateurs ou vendeurs qui débarquent ici : l’ancien camping municipal du Bois d’amour de la célèbre station balnéaire de Loire-Atlantique s’est transformé en village pour travailleurs saisonniers.

« Il fallait répondre à ces deux problématiques majeures de nos commerçants, que sont le recrutement et le logement des saisonniers, explique le maire LR Franck Louvrier. Nous n’avons pas de foncier disponible, donc il faut trouver rapidement d’autres solutions. Ici, le camping ne pouvait plus se développer, en raison de son implantation dans un bois classé. Disposant déjà de quatre campings sur la commune, on a donc décidé de le faire changer de destination. C’est une première en France. »

Meublé et tout équipé

Yennis, 23 ans, a déjà pris ses marques. Avec son colocataire, il partage un lit superposé dans l’un des trente bungalows disponibles. Flambant neufs, ces logements d’une vingtaine de mètres carrés (qui disposent d’une kitchenette et d’une salle d’eau) sont meublés et tout équipés, pour un loyer mensuel de 275 euros. « Par rapport à ce qu’on a connu par le passé, les petites chambres sans fenêtre avec juste un lit et de la moisissure, là c’est carrément bien, apprécient les deux serveurs, collègues pour l’été dans l’un des restaurants du groupe Barrière. Il y a des plaques de cuisson, la douche est nickel, une place de stationnement… Il manque juste un loquet dans la salle de bains, mais bon… on ne va pas se plaindre ! »

La ville de La Baule a transformé son camping municipal en village de saisonniers
La ville de La Baule a transformé son camping municipal en village de saisonniers - J. Urbach / 20 Minutes

Si quelques équipements sont manquants, et que des ouvriers travaillent encore sur les derniers logements du site, c’est que le projet a vu le jour en un temps record. « Entre le go et la livraison, il ne s’est passé que huit mois », se félicite Gonzague Noyelle, directeur général de Podeliha, l’opérateur en logement social qui a obtenu la concession pour quinze ans. Un délai de construction particulièrement court grâce à ces modulaires en bois, fabriqués par l’entreprise Leco en Loire-Atlantique, qui n’ont plus qu’à être posés sur des plots. « Les réseaux existaient et la voirie aussi, poursuit Gonzague Noyelle. Mais le terrain boisé n’a pas rendu les choses très simples. Pour certains bungalows, qui sont bien plus qualitatifs que du mobil-home notamment en matière de performances énergétiques, il a fallu rentrer au chausse-pied ! »

Quelque 200 demandes

Pour trouver les locataires, il n’y a par contre eu aucune difficulté, au vu des loyers pratiqués dans le parc privé et la pénurie de logement. Pour cette première saison, quelque 200 demandes d’hébergement ont été formulées par les commerçants et entreprises de la ville, pour seulement une cinquantaine de places (dont certaines étaient réservées aux pompiers volontaires). « Sans cette solution, je ne serais tout simplement pas venu, raconte Romain, boulanger embauché en renfort pour l’été. C’est mon patron qui s’est occupé de tout, et qui paye une petite partie du loyer. J’ai eu de la chance ! » Pour le jeune homme, être hébergé ici est la solution idéale. « Je me lève à minuit pour embaucher à 1 heure, ce qui signifie que je me couche vers 18 heures, poursuit-il. Alors dans un camping classique avec des vacanciers qui sont là pour profiter, je vous laisse imaginer le bruit ! »

A la rentrée, les hébergements seront proposés à d’autres travailleurs de ce très dynamique bassin d’emploi, emmené par Airbus ou les Chantiers de l’Atlantique. De nouveaux bungalows devraient être aménagés d’ici à l’été prochain afin de faire monter le nombre de places à 80. En parallèle, la ville a renouvelé son appel aux particuliers : une quarantaine de chambres chez l’habitant, réservées aux travailleurs saisonniers, ont pu être trouvées pour cet été. En deux ans, selon son maire, La Baule a ainsi créé 130 places d’hébergement pour cette si précieuse main d’oeuvre.

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