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VIOLENCES POLICIÈRESUn policier condamné pour injures racistes monte en grade

Un policier condamné pour injures racistes monte en grade

VIOLENCES POLICIÈRESL’agent avait été filmé déclarant « un bicot, ça ne nage pas » lors d’une interpellation à L’Île-Saint-Denis en avril 2020
La Direction générale de la police nationale (DGPN) se défend en rappelant que « Pierre C. a déjà été sanctionné administrativement » (illustration).
La Direction générale de la police nationale (DGPN) se défend en rappelant que « Pierre C. a déjà été sanctionné administrativement » (illustration). - FREDERICK FLORIN / AFP / AFP
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«Un bicot, ça ne nage pas ! » C’est pour cette déclaration que Pierre C. a été condamné à six mois de prison avec sursis en janvier 2022. Le policier, qui a fait appel de cette décision et doit être rejugé les 13 et 14 septembre prochains, vient de passer et de réussir le concours interne d’officier de police, annoncent nos confrères de Libération ce mercredi.

Sur liste complémentaire, qui, d’après le journal est validée systématiquement depuis des années, Pierre C. devrait désormais suivre une formation d’un an et demi pour devenir lieutenant. Et ce, malgré sa condamnation en première instance pour « injure publique à caractère racial ». Le policier était passé devant la justice avec plusieurs collègues à la suite d’une interpellation le 26 avril 2020.

Une interpellation filmée

Vers 1h30 du matin, des policiers avaient interpellé à l’Île Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) un ressortissant égyptien soupçonné de vol de matériel sur un chantier. Il avait tenté selon des sources policières de prendre la fuite en se jetant dans la Seine. Sur les faits de vol, l’affaire a été classée sans suite.

Après avoir sorti le jeune homme du fleuve, l’un des policiers avait déclaré : « Un bicot comme ça, ça nage pas », selon une vidéo captée par un riverain et diffusée par le journaliste Taha Bouhafs sur les réseaux sociaux. « Ha ! ha ! Ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied », pouvait-on également y entendre.

Une « connotation » historique

L’affaire avait suscité l’indignation et rouvert des blessures. « "Bicot" a une connotation particulière même soixante ans après les faits. Quand on repêche quelqu’un, ces mots gardent toute leur signification », avait fustigé Loïc Pageot, le procureur de Bobigny, qui avait requis quatre mois de prison avec sursis. Il évoquait alors le massacre de manifestants algériens le 17 octobre 1961 à Paris. Les corps de plusieurs dizaines de victimes avaient été jetés dans la Seine.

Interrogée par Libération, la direction générale de la police nationale (DGPN) rappelle que « Pierre C. a déjà été sanctionné administrativement ». Avec l’un de ses collègues impliqués, il a en effet écopé de cinq jours d’exclusion ferme, quand les recommandations du conseil de discipline de la préfecture de Police en proposaient trois.

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