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REPORTAGE« Rouler, sans se soucier de rien… » L’énorme succès de la Loire à vélo

« Rouler, tout droit, sans se soucier de rien… » L’exceptionnel succès de la Loire à vélo

REPORTAGEAvec 1.8 million de cyclistes comptabilisés en 2022 et une saison touristique qui démarre fort, la fréquentation de la véloroute a « explosé » depuis 2015
La Loire à vélo à hauteur de Thouaré-sur-Loire, le 9 juillet 2023
La Loire à vélo à hauteur de Thouaré-sur-Loire, le 9 juillet 2023 - J. Urbach / 20 Minutes / 20 Minutes
Julie Urbach

Julie Urbach

L'essentiel

  • La Loire à vélo relie Cuffy (Cher) à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique).
  • Sa fréquentation a « explosé » depuis 2015, selon une étude.
  • En solo, en famille, à la cool ou pour la perf, il y aurait en fait mille et une façons de profiter de cet itinéraire cyclable balisé et plutôt plat, de plus en plus populaire.

Enfourcher son vélo, pédaler, et… profiter. Si l’on ne devait pas rentrer pour rédiger l’article que vous avez sous les yeux, il y a fort à parier que l’on aurait continué le voyage encore un peu. Quand vous goûtez à la Loire à vélo, cette véloroute qui relie Cuffy (Cher) à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique), difficile de s’en défaire comme ça.

« Il y a quelque chose de dépaysant, comme hors du temps, c’est tout simplement génial, sourit Sophie, 54 ans, croisée ce dimanche après-midi sur le chemin, à hauteur de Nantes. On est en plein air, en immersion dans la nature, au côté de ce fleuve aux couleurs changeantes et magnifiques. Une fois les étapes planifiées, il suffit de rouler, tout droit, sans se soucier de rien. »

« C'est assez plat et très bien fléché »

Comme cette quinquagénaire venue de la Sarthe, ils sont chaque année de plus en plus nombreux à fréquenter cet itinéraire cyclable, partie française de l’EurovéloRoute 6 qui relie l’Atlantique à la Mer Noire. Selon les résultats d’une récente enquête réalisée par les régions Centre-Val-de-Loire et Pays-de-la-Loire, 1.8 million de cyclistes ont emprunté en 2022 ce chemin balisé de près de 900 km qui suit le plus long fleuve de France. « Depuis la dernière étude en 2015, la fréquentation a explosé », indiquent carrément les deux conseils régionaux, qui parlent d’une « croissance exceptionnelle » depuis deux ans.

Une fréquentation portée par 54 % de touristes dont 20 % d’étrangers, à l’instar de ces trois amis venus de Floride pour rallier Blois à Nantes, en une semaine. « Par rapport à d’autres itinéraires en Europe, c’est assez plat et très bien fléché, apprécient Edesio, Sergio et Roni. On en a profité pour visiter les châteaux de Chambord et Cheverny. Et aussi, bien sûr, pour goûter à la gastronomie française. »

Loueurs de vélos et hébergements pris d’assaut

D’année en année, les professionnels se sont organisés pour accueillir au mieux ces cyclotouristes. Chez Azay-le-Rideau Cycles (Indre-et-Loire), on a par exemple doublé la flotte de vélos disponibles à la location depuis l’ouverture du magasin il y a huit ans. « De 40, on est passés à 100, et tous nos vélos électriques sont déjà loués pour les prochains week-ends, constate Christophe, le gérant. La saison a très bien démarré. Même quand il fait chaud, l’engouement est là ! » Les services, aussi, se sont multipliés, bien que « l’effort [doive] se poursuivre », indique l’étude.

Transport de bagages, trains TER où l’on embarque avec sa bicyclette, guides touristiques, guinguettes ou ateliers de réparation… Il faut désormais chouchouter ces vacanciers à deux roues, qui ont représenté en 2022 quelque 54.5 millions d’euros de retombées économiques. Les hébergements situés sur le trajet, pris d’assaut parfois longtemps à l’avance, font partie des grands gagnants. « On leur met à disposition un local avec un micro-ondes, de quoi ranger les vélos en sécurité, détaille Thierry Lebossé, gérant du camping Val de Flux à Beaugency (Loiret), qui compte plus d’un quart de cyclotouristes parmi ses clients. Depuis cette année, on propose aussi l’option « Voyagez léger » : un kit à louer pour la nuit avec tente, matelas, oreiller et réchaud. »



« Une nouvelle façon de voyager »

En solo, en famille, à la cool ou pour la perf, il y aurait en fait mille et une façons de profiter de la Loire à vélo, et c’est peut-être là la recette du succès. Sophie et Mireille, qui sont parties samedi après-midi d’Angers, ont par exemple réservé plusieurs chambres d’hôtes jusqu’à rejoindre la côte atlantique, où les deux amies de longue date comptent bien se reposer encore une journée avant de rentrer, en train.

Pour Ludivine et Guillaume, un couple de Nantais âgés d’une trentaine d’années, c’était un peu plus « speed » mais l’expérience semble là encore réussie, après 140 km dans les jambes aller-retour en un week-end. « On avait envie de changer nos repères, de découvrir une nouvelle façon de voyager, glisse la jeune femme, qui s’offre une petite pause dans l’herbe à quelques kilomètres de l’arrivée. Même si c’était un peu long sur la fin, et qu’on a pris une côte pas vraiment prévue, je suis super contente de l’avoir fait ! »

Intégrer « le top 3 » des véloroutes européennes

Dans les années à venir, la Loire à Vélo a l’ambition d’intégrer le « top 3 » des véloroutes européennes. « Renforcer la sécurité de l’itinéraire », « conquérir de nouvelles clientèles », tout en intégrant « la transition écologique et le tourisme responsable » font partie de ses objectifs.

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