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colèrePrès de 2.000 personnes à la marche pour Adama Traoré malgré l’interdiction

Marches contre les violences policières : Au moins deux mille personnes à Paris malgré l’interdiction

colèreMalgré le « non » de la préfecture, manifestants et politiques ont rejoint République pour saluer la mémoire d’Adama Traoré
Des participants à la « Marche pour Adama Traore » à Paris, malgré son interdiction.  (Photo by  / AFP)
Des participants à la « Marche pour Adama Traore » à Paris, malgré son interdiction. (Photo by / AFP) - Bertrand Guay / AFP
20 Minutes avec AFP

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La colère ne retombe pas. Pas moins de 2.000 personnes sont rassemblées ce samedi à Paris en mémoire d’Adama Traoré, malgré l’interdiction de la préfecture de police, alors que des « marches citoyennes » contre les violences policières ont été organisées dans plusieurs autres villes. Assa Traoré, la sœur d’Adama et figure du combat contre les violences policières, avait annoncé qu’elle serait présente « samedi à 15h00 place de la République », après l’interdiction de la marche prévue à Persan et Beaumont-sur-Oise, dans le Val-d’Oise, en mémoire de son frère décédé peu après son interpellation par des gendarmes en juillet 2016.

Elle a pris la parole debout sur un banc de la place, devant plusieurs élus de La France insoumise et entourée d’un important dispositif des forces de l’ordre. « On marche pour la jeunesse, pour dénoncer les violences policières. On veut cacher nos morts », a-t-elle déclaré, devant notamment la cheffe de file des insoumis à l’Assemblée, Mathilde Panot, les députés Éric Coquerel et Louis Boyard, portant leur écharpe tricolore, comme Sandrine Rousseau (EELV). « Macron avait promis 100 jours d’apaisement. A force d’interdictions de manifester, (…) la France est maintenant au ban des démocraties », a commenté le député insoumis de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel.

« On autorise la marche de néo-nazis mais on nous autorise pas à marcher. La France ne peut pas donner des leçons de morale. Sa police est raciste, sa police est violente », a aussi affirmé Assa Traoré.

« Des risques de troubles »

Peu après, les forces de l’ordre ont demandé aux gens de se disperser et quelques bousculades ont eu lieu, alors que les manifestants scandaient « Justice pour Nahel », ont constaté des journalistes sur place, qui ont vu des personnes se faire verbaliser. Les manifestants sont ensuite partis en cortège, dans le calme, en direction du boulevard Magenta.

La préfecture a fait été de deux arrestations à l'issue de la manifestation, pour « violences sur personne dépositaire de l'autorité publique ». Il s'agit, selon le député LFI Eric Coquerel, présent sur,place, de Youssouf, un frère d'Assa.

Dans un arrêté mis en ligne dans la matinée, la préfecture de police avait justifié l’interdiction de ce rassemblement, non déclaré, comme « présentant des risques de troubles à l’ordre public ». L’arrêté, signé par le préfet de police Laurent Nuñez, rappelle le « contexte tendu » et les « cinq nuits consécutives » de violences urbaines en région parisienne et dans la capitale, après le décès de Nahel, 17 ans, tué par un policier lors d’un contrôle routier le 27 juin à Nanterre.

L’expression du « deuil et de la colère »

Une trentaine d’autres manifestations contre les violences policières ont été répertoriées en France sur une carte en ligne. Le rassemblement prévu à Lille a été interdit. A Saint-Nazaire, près de 150 personnes ont manifesté pacifiquement, selon les médias locaux. A Strasbourg, ils étaient environ 400. A Marseille, 750 personnes se sont rassemblées selon la préfecture, dont le députés insoumis de Marseille Manuel Bompard. A Angoulême, ils étaient près de 300 pour réclamer "justice" pour Alhoussein Camara, Guinéen de 19 ans touché mortellement par un tir de policier lors d'un contrôle routier mi-juin.

Près d’une centaine d’associations, syndicats et partis politiques classés à gauche, parmi lesquels LFI, EELV, CGT et Solidaires, avaient appelé à ces « marches citoyennes », pour exprimer « deuil et colère » et dénoncer des politiques jugées « discriminatoires » contre les quartiers populaires. Ces organisations demandent « une réforme en profondeur de la police, de ses techniques d’intervention et de son armement ».



Les critiques de l’ONU contre Paris

La mort de Nahel et les violences urbaines qui ont suivi - sans précédent depuis 2005 - ont jeté une lumière sur les maux de la société française, des difficultés des quartiers populaires aux relations houleuses entre jeunes et forces de l’ordre. Samedi, le quai d’Orsay a réagi aux critiques d’un comité d’experts de l’ONU qui avait lourdement critiqué la gestion des émeutes par les forces de l’ordre, réclamant notamment l’interdiction du « profilage racial ».

La France « conteste des propos qu’elle juge excessifs » et « infondés », a répondu le ministère des Affaires étrangères.

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