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Violence envers les élusIl est relaxé des menaces de mort envers la maire, la mairie reste fermée

Pyrénées-Orientales : Il est relaxé des menaces de mort envers la maire, la mairie ferme ses portes

Violence envers les élusPour la maire du Soler et les élus, cette décision de justice est inacceptable
Les élus du Soler ont décidé de fermer les portes de l'hôtel de ville, ce vendredi, en réponse à une décision de justice qu'ils jugent incompréhensible.
Les élus du Soler ont décidé de fermer les portes de l'hôtel de ville, ce vendredi, en réponse à une décision de justice qu'ils jugent incompréhensible. - Ville du Soler / Ville du Soler
Jérôme Diesnis

Jérôme Diesnis

L'essentiel

  • Après la relaxe d’un homme accusé d’avoir proféré des menaces de mort envers des élus, la mairie du Soler, une commune proche de Perpignan, a décidé de fermer ses portes ce vendredi.
  • La maire Armelle Revel-Fourcade exprime son incompréhension : « Que pouvons-nous faire ? Attendre que l’un d’entre nous soit blessé ou tué pour agir ? […] Les élus de la République sont abandonnés. »

Les portes de la mairie du Soler, une commune de 7.624 habitants située à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Perpignan, sont restées fermées ce vendredi. Les élus de cette commune des Pyrénées-Orientales ont souhaité marquer leur indignation après la décision, la veille, du tribunal correctionnel de Perpignan. Les juges ont relaxé un homme qui avait proféré des menaces de mort dans la mairie du Soler.

Les faits remontent au mois de novembre 2022. Après la fermeture administrative de son commerce par le préfet des Pyrénées-Orientales, pour « troubles à l’ordre public », « vente illégale de cigarettes » et « stationnement anarchique », un épicier avait fait irruption dans l’hôtel de ville. La commune avait lancé des poursuites pour des menaces de mort à l’encontre de la maire Armelle Revel-Fourcade, de son premier adjoint et de deux policiers municipaux. La collectivité lui reprochait également d’avoir annoncé son intention de « mettre le feu au Soler ».

Plus de 2.200 plaintes ou signalements d’élus en 2022

A l’audience, le tribunal n’a pas suivi les réquisitions du procureur qui avait demandé cinq mois de prison avec sursis à l’encontre du prévenu. Les juges ont évoqué un comportement « inapproprié et inadapté ». Mais le tribunal a estimé que l’infraction n’était « pas caractérisée ». « Le bien ciblé » n’avait « pas été identifié » et la ou les personne(s) visées, « pas déterminée(s) ».

« Que pouvons-nous faire ? Attendre que l’un d’entre nous soit blessé ou tué pour agir ? […] Les élus de la république sont abandonnés », a expliqué Armelle Revel-Fourcade après le verdict. Le parquet a fait appel de cette décision intervenue sur fonds de violences envers les élus. Elle fait suite à la démission du maire de Saint-Brévin. Ou encore l’attaque du domicile du maire de L’Haÿ-les-Roses, Vincent Jeanbrun. En France, en 2022, 2.265 plaintes et signalements pour violence verbale ou physique envers des élus ont été recensés.

La mairie avait appelé au rassemblement devant la mairie du Soler ce vendredi, en soutien aux élus. « La peur doit changer de camp et justice doit être reconnue pour maintenir la paix dans nos villes », a évoqué la maire sur le parvis de l’hôtel de ville ce vendredi.

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