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EMPLOIPrès de Nice, une salariée d’un supermarché licenciée pour avoir fait grève ?

Réforme des retraites : Près de Nice, une salariée d’un supermarché bientôt licenciée pour avoir fait grève ?

EMPLOIA Vallauris, le centre E.Leclerc a engagé une procédure de licenciement contre une salariée de 23 ans. Selon les syndicats, « son seul ''crime'' est d’avoir osé utiliser son droit de grève ».
Un supermarché E.Leclerc sur la Côte d'Azur (Illustration)
Un supermarché E.Leclerc sur la Côte d'Azur (Illustration) - Syspeo / Sipa / Sipa
Fabien Binacchi

Fabien Binacchi

L'essentiel

  • A Vallauris, la direction d’un supermarché aurait engagé une procédure de licenciement contre une salariée à qui il serait reproché d’avoir débrayé plusieurs jours pour protester contre la réforme des retraites, affirment les syndicats.
  • « Je ne suis pas l’exécutif [des magasins]. J’ai demandé. Si c’est vrai, ce n’est pas bien », a réagi mardi Michel-Edouard Leclerc, sur le plateau de BFM TV.
  • Officiellement, lors de l’entretien préalable à son licenciement, organisé lundi alors qu’une soixantaine de personnes manifestaient devant l’hyper, Marine s’est vue reprocher plusieurs autres motifs qu’elle conteste en partie.

Michel-Edouard Leclerc a lui-même jugé que ce n’était « pas défendable ». A Vallauris, entre Nice et Cannes (Alpes-Maritimes), la direction d’un supermarché aurait engagé une procédure de licenciement contre une salariée à qui il serait reproché d’avoir débrayé plusieurs jours pour protester contre la réforme des retraites, affirment les syndicats.

« Son seul ''crime'' est d’avoir osé utiliser son droit de grève », écrivent la CGT, la CFDT, la FSU et Solidaires 06 dans un communiqué. L’affaire, racontée lundi par Libération, est remontée jusqu’aux oreilles du président du comité stratégique des centres E.Leclerc. « Je ne suis pas dans l’exécutif [des magasins]. J’ai demandé. Si c’est vrai, ce n’est pas bien », a-t-il réagi mardi sur le plateau de BFM TV.


Une manifestation était organisée lundi matin devant le centre E.Leclerc de Vallauris (Alpes-Maritimes), au moment où une salariée était convoquée à l’entretien préalable à son licenciement
Une manifestation était organisée lundi matin devant le centre E.Leclerc de Vallauris (Alpes-Maritimes), au moment où une salariée était convoquée à l’entretien préalable à son licenciement - ANP / 20 Minutes

L’hyper lui reprocherait un travail lent et des bavardages

Alors qu’en est-il ? Sollicitée par 20 Minutes ce mercredi, l’enseigne est restée muette. Officiellement, lors de l’entretien préalable à son licenciement, organisé lundi alors qu’une soixantaine de personnes manifestaient devant l’hyper, Marine (qui préfère que son nom de famille ne soit pas publié) s’est notamment vu reprocher des « bavardages ». En CDI depuis janvier 2021, cette employée polyvalente, chargée notamment du rayon livres, travaillerait également « trop lentement ». Elle n’aurait pas badgé certaines pauses. C’est ce qui lui aurait valu sa mise à pied conservatoire, depuis le 13 avril. Des excuses, balaie la jeune femme de 23 ans.

Si elle reconnaît avoir déjà eu des avertissements pour « des petits retards » et des problèmes concernant des moments de repos « qu’elle n’a même pas pris », la jeune femme de 23 ans est persuadée que les raisons de son possible renvoi sont tout autres. On lui reprocherait d’avoir débrayé six jours durant, depuis le 19 janvier, contre la réforme des retraites. Et peut-être aussi une fois en septembre, pour le pouvoir d’achat.



« Ils bafouent le droit de grève »

« J’étais la seule à suivre le mouvement. Et je suis la seule à avoir été écartée. C’est un licenciement abusif, tranche-t-elle, au téléphone avec 20 Minutes. Ils bafouent le droit de grève. Ce n’est pas légal de faire ça. Ils ne sont pas dans leur droit. Et il faut marquer le coup. » Avec son conjoint Jordan Mandelli, responsable syndical SUD-Rail, ils iront « évidemment aux Prud’hommes s’il le faut ».


Notre dossier sur la réforme des retraites

« Licencier quelqu’un pour les motifs évoqués, ce serait tout simplement ahurissant. On lui fait clairement payer d’avoir voulu participer à la grève, abonde ce dernier. Le DRH le lui a d’ailleurs dit : ''on est ici pour travailler''. Et il l’a même répété lundi devant les personnes qui ont manifesté. » Selon lui, le militantisme serait « très mal vu dans la grande distribution », où « on fait tout pour écarter les salariés trop engagés ».

La décision du centre E.Leclerc de Vallauris pourrait tomber dès ce jeudi. Marine et son compagnon sont suspendus à un appel de la directrice. En attendant, la jeune femme reste mobilisée contre la réforme. « J’ai participé à la casserolade de lundi, j’ai fait un tractage ce mercredi matin. Et j’irai aux prochaines manifs. Quoi qu’il se passe », dit-elle.

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