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consommationPour les jeunes, « de l’eau » ou « de l’alcool fort » plutôt que du vin

Pour les jeunes, « de l’eau » ou « de l’alcool fort » plutôt que du vin

consommation20 Minutes a demandé son avis aux 18-35 ans sur le vin, alors que la consommation baisse en France depuis plusieurs années
En dix ans, la consommation de vin rouge a chuté de 32 %, révélait, fin 2022, une étude Kantar pour RTL (illustration).
En dix ans, la consommation de vin rouge a chuté de 32 %, révélait, fin 2022, une étude Kantar pour RTL (illustration).  - Olesia Shadrina / Olesia Shadrina
Elsa Provenzano

Elsa Provenzano

L'essentiel

  • Alors que la consommation de vin baisse, en particulier chez les jeunes (18-35 ans), 20 Minutes les a interrogés sur leurs habitudes de consommation.
  • Sur la base de leurs réponses, on observe qu’une partie lui préfère l’eau, en particulier pour des raisons de santé. D’autres n’apprécient pas le goût du vin, lui préférant d’autres alcools, notamment forts.
  • La filière viticole, en crise, se demande comment continuer à promouvoir ses produits face à ces changements de comportement.

La bouteille de rouge sur la table à chaque repas, c’est de moins en moins la règle en France. En dix ans, la consommation de vin rouge a même chuté de 32 %, révélait fin 2022 une étude Kantar pour RTL et c’est un des facteurs qui concourt à expliquer la crise viticole à laquelle fait face une filière viticole en surproduction structurelle.



Parmi les consommateurs qui se détournent de ce breuvage éminemment français, on trouve les jeunes, comme le met en lumière une étude réalisée par Wine Intelligence au printemps 2022 et relayée par la revue du vin de France. Elle montre que 47 % des vins sont consommés par des personnes de plus de 55 ans et seulement 7 % par les 18-24 ans. A travers un appel à contributions, 20 Minutes a demandé à de jeunes consommateurs (jusqu’à 35 ans) de parler de leurs affinités à l’heure de l’apéro, du repas et des moments de convivialité.

Certains font le choix de ne pas consommer d’alcool…

« J’ai été trop témoin des méfaits de l’alcool dans mon entourage (alcoolisme et dégâts sur la santé), explique Léa, 33 ans. Et ayant pas mal de traitements médicaux pour des soucis de santé, je n’en bois quasi jamais ». Pour Kévin, 27 ans, c’est aussi l’exemple d’une addiction chez son père, en l’occurrence le tabagisme, qui l’a incité à rejeter l’alcool. « L’une des rares fois où j’en ai bu, c’est lors de mon tout premier travail, pour sociabiliser et "faire genre", mais je détestais et cela me rendait rapidement malade (migraines, nausées, vomissements, vertiges), témoigne-t-il. Depuis, je suis bien plus à l’aise et j’assume de ne pas boire. Je préfère boire de l’eau plate minérale bien fraîche, du lait ou des jus de fruits, mais j’évite tout le reste. »

Il précise que le vin a un statut particulier parmi les alcools, celui « "de produit de luxe, élitiste" ». Une image construite depuis des décennies, par les nombreux promoteurs du vin mais qui n’a visiblement pas empêché les campagnes de santé publique de sensibiliser une partie des jeunes générations. « Je suis très farouchement opposé à l’omniprésence des boissons alcoolisées dans la société », souligne Kévin.

Selon l’étude « Mieux comprendre la déconsommation de vin », publiée en juillet 2020 par le comité national des interprofessions des vins à appellation d’origine et à indication géographique, le report de ceux qui ne consomment pas de vin se fait principalement vers l’eau et les boissons non alcoolisées. Elles sont privilégiées près de huit fois sur dix à la place des vins blancs et neuf fois sur dix, à la place du rosé. « Cette proportion est identique pour les vins rouges, dont les reports de consommation se font vers l’eau, les jus et les bières sans alcools », pointe cette publication.

« Le goût du vin rouge ne me plaît pas du tout »

« Je peux affirmer que je ne consomme pas de vin. J’y goûte parfois mais c’est rarement un choix délibéré. Soit on m’incite, soit il n’y a "que" ça, raconte Claire, 23 ans. Mais je dois dire que je n’aime pas ça. Le goût du vin rouge, en particulier, ne me plaît pas du tout. Je peux consommer de l’alcool fort et préférer cela. Si je suis en soirée alcoolisée, je choisirai plutôt du rhum ou des boissons non alcoolisées à du vin. » A 23 ans, Henri consomme de l’alcool mais « certainement pas du vin ». S’il n’adhère pas au goût, il ne se reconnaît pas non plus dans l’image véhiculée par cette boisson « les jeunes qui boivent cela sont des bobos », lâche-t-il.

Julien, 25 ans, consomme-lui un peu de vin, mais très peu de rouge : « Je m’oriente de plus en plus vers des alcools tels que la bière et le vin, mais plutôt blanc ou rosé en apéritif. Concernant le vin rouge, ma famille en consomme, mais moi très rarement. C’est une question de goûts même s’ils évoluent puisqu’il y a encore deux à trois ans, je ne pouvais pas boire un verre alors qu’aujourd’hui, je peux apprécier un verre de très bon vin rouge mais pas plus. Je préfère plutôt une bière ou un vin blanc moelleux qui est plus agréable en bouche. »

La filière viticole suit de près les évolutions des habitudes des consommateurs et se demande comment redresser sa barre. Dans l’étude, elle envisage par exemple de retravailler l’image du vin comme un produit d’apéritif ou d’associer le vin rouge aux légumineuses plutôt qu’à la viande rouge, dont la consommation diminue, elle aussi.

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