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IMBROGLIO administratifIl entame une grève de la faim pour aider une étudiante ukrainienne

Guerre en Ukraine : Un Nordiste entame une grève de la faim pour garantir les droits de l’étudiante qu’il héberge

IMBROGLIO administratifComment une étudiante ukrainienne de 22 ans, hébergée à Gravelines, est considérée comme une touriste en France au lieu de bénéficier du statut de protection temporaire
Un centre de réfugiés ukrainiens en Pologne (illustration).
Un centre de réfugiés ukrainiens en Pologne (illustration). - M.Libert / 20 Minutes / 20 Minutes
Mikaël Libert

Mikaël Libert

L'essentiel

  • Une jeune étudiante ukrainienne réfugiée en France est toujours considérée comme une touriste par l’administration.
  • Elle est empêchée d’obtenir le statut de la protection temporaire parce qu’elle se trouvait en Bulgarie lorsque la guerre a été déclenchée.
  • Son hôte français a entamé une grève de la faim pour tenter de faire réagir les autorités sur cette situation.

Touriste malgré elle. Arrivée en octobre en France, comme des milliers de ses compatriotes fuyant la guerre, Tetiana, une Ukrainienne de 22 ans, se heurte au mur de l’administration à propos de son statut. Cette histoire abracadabrante, révélée par nos confrères de France 3, est contée en détail dans une pétition mise en ligne par le Nordiste qui héberge actuellement la jeune femme.

Avant le début de la guerre, Tetiana suivait un cursus en tourisme dans son pays. Fin 2021, son université lui a permis d’effectuer une sorte de stage dans un hôtel d’une station de ski en Bulgarie. Quelques mois plus tard, alors l’offensive russe a commencé, la direction de l’hôtel a proposé à certains étudiants, dont Tetiana, de travailler dans un établissement de la même chaîne, à Sunny Beach, sur le littoral bulgare. Un job qu’elle accepte mais qui se termine avec la fin de la saison, début octobre 2022. Sans ressource ni logement, la jeune femme doit alors retourner en Ukraine. Ce que refuse sa famille, la ville dans laquelle elle habite, Severodonetsk, étant une des cibles privilégiées de l’armée de Vladimir Poutine.



Tetiana n’a pas fui la guerre

Le frère de Tetiana en appelle donc à Grégory, un Nordiste, rencontré lors d’une mission humanitaire, pour accueillir sa petite sœur. Celui-ci accepte et l’étudiante débarque chez lui, à Gravelines, près de Dunkerque, le 7 octobre 2022. Tetiana est rapidement inscrite à l’université pour y préparer un diplôme, une démarche qui lui permet notamment d’apprendre le français et de mieux s’intégrer. En parallèle, son hôte français, épaulé par l’association « Dunkerque Ukraine », tente de lui faire obtenir le précieux statut de la « protection temporaire » auquel ont droit tous les réfugiés ukrainiens ayant fui la guerre. Sauf que ça coince, justement parce qu’à proprement parler, Tetiana n’a pas fui la guerre puisqu’elle est arrivée directement de Bulgarie.

La jeune femme est donc considérée par les autorités comme une touriste et, de fait, ne bénéficie pas d’une couverture maladie, d’un droit à l’allocation pour demandeur d’asile ni du droit de travailler. Selon Grégory, les options qui se présentent sont ubuesques et les démarches longues et fastidieuses. Il a donc entamé, début février, une grève de la faim pour tenter de faire entendre raison à l’administration.

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