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PLANTER DE BÂTON (1/6)Entre « inflation » et « bilan carbone », nos lecteurs raccrochent les skis

L’hiver sans ski : Entre « inflation » et « bilan carbone », nos lecteurs lâchent les stations

PLANTER DE BÂTON (1/6)« 20 minutes » lâche son tire-fesses et imagine à quoi pourraient ressembler des hivers sans chausser les skis
Avec la flambée des prix et le changement climatique, nombre de vacanciers n'iront pas à la neige cet hiver.
Avec la flambée des prix et le changement climatique, nombre de vacanciers n'iront pas à la neige cet hiver. - Gabriele Facciotti/AP/SIPA / SIPA
Nathan Tacchi

Nathan Tacchi

L'essentiel

  • Qui dit vacances de février, dit, pour environ 13 % des Français, vacances au ski et marques de bronzage autour des yeux. Enfin disait. Avec le réchauffement climatique et l’inflation galopante, la pratique du ski alpin pendant les vacances d’hiver court le risque de disparaître peu à peu.
  • Conscient du danger, le secteur, qui revendique un chiffre d’affaires d’1,5 milliard d’euros par an, tente de s’adapter aux attentes des usagers en station et de développer des alternatives au tout ski.
  • Chaque semaine jusqu’à la fin des vacances scolaires pour toutes les zones, « 20 minutes » s’interroge sur l’avenir du ski alpin en France. Et ce vendredi, qui marque le début des vacances d’hiver de la zone A, ce sont nos internautes qui prennent la parole alors que, inflation oblige, beaucoup assurent que le ski, c’est fini.

«Non, je ne vais plus à la montagne et les raisons sont multiples : hausse des prix de l’alimentation, augmentation du prix du carburant et des péages, des prix des remontées mécaniques, du matériel de ski alors que certaines pistes et remontées resteront fermées ou tourneront au ralenti. » Comme Isabelle, 61 ans, nombre des Français ont vu leur budget vacances fondre comme neige au soleil. Comme le confirme une étude du comparateur de vol Skyscanner parue fin novembre, une majorité des Français répercutent l’augmentation du coût de la vie à leurs décisions en matière de voyage, malgré leur fort désir d'évasion. Alors, à l’occasion du début des vacances d’hiver, 20 Minutes a demandé à ses lecteurs s’ils comptaient partir à la montagne. Et, pour beaucoup, cet hiver se fera sans ski.

« Cela fait longtemps que l’inflation nous a poussés à ne plus aller en vacances au ski », écrit Olivier, 45 ans. Pour ce papa de trois enfants, « entre le prix de la location d’un appartement, du transport, de la location du matériel, des remontées et des vêtements », c’est financièrement insupportable. Avec les 6 % d’inflation sur l’année passée, c’est trop compliqué, ajoute Lydie, 44 ans : « Nos salaires ne suivent pas. On a abandonné, à cinq, ça fait trop cher pour une semaine… » En moyenne, pour une famille de deux adultes et de deux enfants, une semaine à la montagne coûte 1.450 euros en ne comptant que l’hébergement, la location du matériel et le forfait, indique le comparateur de stations de ski Skidata.io.

« Nos salaires ne suivent pas. On a abandonné, à cinq, ça fait trop cher pour une semaine… » »

Alors pour certains, comme Nathalie, 42 ans, un séjour au ski n’est possible que grâce à un hébergement familial. « Cependant, même en ne payant que les charges, avec l’augmentation des prix en général, nous revoyons nos activités : ski de fond ou randonnées raquettes au lieu du ski de piste, et en plus cela fait découvrir des endroits inaccessibles à pieds », explique la vacancière.



« Je ne vais plus skier pour des raisons environnementales »

Les raisons de ne pas aller à la neige ne sont pas que financières. « J’ai décidé de supprimer les vacances au ski à cause des tarifs et de l’impact climatique », écrit William, 60 ans. « J’ai choisi de ne plus skier, de ne plus utiliser les remontées mécaniques et les pistes de ski. Cela pour des raisons environnementales, même si je suis conscient que ça génère des emplois », nous confie Arnaud, 49 ans. Selon une étude menée en 2022 par l’agence Utopies à la demande de plusieurs stations de sports d’hiver, une journée à la neige présente un bilan carbone de 48,9 kg de CO2 en moyenne par personne. Sur une semaine, cela équivaut à un aller-retour Paris Bordeaux en avion.


notre dossier sur les stations de ski

En raison du faible enneigement des stations, dû à des températures très douces, près de 20 % de la surface skiable française est fermée la veille des vacances d’hiver. Une situation qui inquiète les consommateurs - « il n’y a pas de réduction en fonction des conditions météo ni fermeture de pistes », s’agace Claudine - et les professionnels. Une lectrice pourrait cependant se réjouir de la hausse des températures, Anne, 60 ans. Cette dernière écrivait il y a quelques semaines à 20 Minutes pour nous confier en toute transparence son ressenti : « Je suis allée aux sports d’hiver une seule fois dans ma vie, j’avais 10 ans et j’ai eu froid. Je n’irai plus jamais. »

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