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Surveillance policièreLe porte-parole des opposants aux bassines surveillé par un traceur GPS

Deux-Sèvres : Le porte-parole des opposants aux bassines surveillé par un traceur GPS de la police

Surveillance policièreJulien Le Guet dénonce des « barbouzeries ».
Les retenues d'eau envisagées par certains agriculteurs suscitent de vives oppositions.
Les retenues d'eau envisagées par certains agriculteurs suscitent de vives oppositions.  - UGO AMEZ / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

L'essentiel

  • Le porte-parole du collectif « Bassines non merci » qui s’oppose à la création de retenues d’eau puisées dans les nappes pour irriguer en été certaines exploitations agricoles, a découvert un traceur GPS sur son véhicule.
  • La préfecture a expliqué que la police surveillait cette personne en « prévention d’autres mouvements violents ». Une nouvelle manifestation est annoncée le 25 mars.
  • Le porte-parole, Julien Le Guet, a annoncé son intention probable de porter plainte, considérant qu’il s’agit d’une atteinte aux libertés individuelles. La préfecture défend, elle, des pratiques « légales ».

Ses trajets étaient surveillés. Le porte-parole du collectif « Bassines non merci », qui milite contre la construction de retenues d’eau pour l’irrigation agricole dans les Deux-Sèvres, a révélé avoir découvert un traceur GPS de la police sur son véhicule, en dénonçant vendredi des « barbouzeries ». Interrogée par l’AFP, la préfecture du département a confirmé que le dispositif découvert avait été placé à des fins de surveillance policière.

Une plainte envisagée

« Je commence à trouver insupportable ce genre de méthodes », a affirmé Julien Le Guet lors d’une conférence de presse en ligne, rappelant que du matériel de surveillance policière avait déjà été découvert en mars 2022 devant le domicile de son père. Il a ajouté qu’il allait « probablement » porter plainte.

« Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur ces moyens de surveillance hors norme et l’atteinte grave aux libertés publiques et individuelles qu’ils représentent », déclare de son côté le mouvement écologiste des Soulèvements de la Terre dans un communiqué.

La préfecture estime pour sa part que « les antécédents de violence de Bassines non merci justifient une surveillance pour prévenir des troubles graves et généralisés aux biens, voire aux personnes ». « Le dispositif de type balise est donc parfaitement légal. Il est normal que les services de police utilisent l’ensemble des moyens légaux à leur disposition, soit dans le cadre d’enquêtes, soit en prévention d’autres mouvements violents annoncés », a-t-elle ajouté.

En mars 2022, la préfecture avait déjà expliqué la présence de moyens de surveillance devant le domicile du père de Julien Le Guet « par l’implication du collectif dans l’organisation de manifestations ayant entraîné de graves troubles à l’ordre public ces derniers mois dans les Deux-Sèvres et des départements voisins ».

Une nouvelle manifestation le 25 mars

Plusieurs rassemblements contre les « bassines », surnom donné aux retenues d’eau, ont eu lieu à l’automne 2021, fin mars 2022 et en octobre 2022 pour la dernière en date, qui avait rassemblé plusieurs milliers de personnes à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) et donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre.

Élaboré par un groupement d’agriculteurs avec le soutien de l’Etat, le projet de 16 retenues vise à pomper plusieurs centaines de milliers de m3 dans les nappes phréatiques superficielles en hiver pour irriguer l’été.

Ses détracteurs, qui organisent une nouvelle manifestation le 25 mars en Poitou-Charentes, dénoncent un « accaparement de l’eau » destiné à « l’agro-industrie ». Ses promoteurs défendent au contraire « un accélérateur de transition », les agriculteurs bénéficiaires des réserves s’étant engagés à adopter des pratiques tournées vers l’agroécologie.

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