Non, le maire EELV de Lyon n’a pas annulé un voyage de lycéens à Auschwitz pour qu’ils ne prennent pas l’avion

Fake off Le voyage scolaire à Auschwitz d’élèves lyonnais a été annulé par la métropole en raison de la guerre en Ukraine et non pas par militantisme écologiste contre l’avion

Elise Martin
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Les élèves devaient se rendre au camp d'Auschwitz pour un « devoir de mémoire », ils iront finalement dans un camp en Alsace pour des « raisons de sécurité »
Les élèves devaient se rendre au camp d'Auschwitz pour un « devoir de mémoire », ils iront finalement dans un camp en Alsace pour des « raisons de sécurité » — D. Klamka/Sipa
  • Depuis lundi, les internautes et certains médias relaient une information comme quoi le maire de Lyon, Grégory Doucet, aurait annulé un voyage scolaire en Pologne à cause de ses convictions écologistes.
  • La polémique concerne en réalité la métropole de Lyon, également à majorité écologiste, qui a effectivement annulé ce voyage de mémoire, mais pour « des raisons de sécurité » en raison de la proximité du camp avec l’Ukraine.
  • Plusieurs groupes d’opposition ont demandé des explications en pointant le fait que des collégiens d’autres départements continuent de se rendre sur place.

« Le maire écologiste de Lyon annule un voyage de lycéens à Auschwitz pour qu’ils ne prennent pas l’avion. » L’information a été reprise de nombreuses fois sur les réseaux sociaux depuis lundi, à la suite de plusieurs échanges entre élus lors du conseil de la métropole de Lyon.

En plus, Grégory Doucet, par ses convictions écologistes et son aversion de l’avion, aurait décidé d’annuler ce voyage de mémoire alors que le département du Rhône maintient les deux dates en mars prochain à destination de ce camp de travail et de concentration de Pologne ? Explications.

FAKE OFF

D’abord, même s’il s’agit de Lyon, cette histoire ne concerne pas la ville et son maire, mais la métropole, dont son président est Bruno Bernard, également écologiste. Il ne s’agit pas non plus de lycéens, mais de collégiens.

En réalité, tout est parti d’échanges entre Christophe Guilloteau, président LR du département du Rhône, et la presse lors des vœux donnés le 13 janvier. Il a évoqué à des confrères qu’il n’y aurait pas de voyage en Pologne organisé par la métropole à cause d’un militantisme écologiste contre les déplacements en avions.

Des élus de plusieurs groupes d’oppositions ont alors demandé, lors du conseil métropolitain lundi, des explications à la majorité qui avait justifié renoncer à envoyer des élèves à Auschwitz-Birkenau pour des raisons de sécurité, le camp étant trop proche des combats en Ukraine, notamment de Lviv, en guerre depuis bientôt un an.

Dans Le Progrès, Christophe Guilloteau, président LR du département du Rhône, a rajouté : « Si c’était dangereux, croyez-vous qu’il y aurait autant de vols quotidiens en Pologne ? ». Le département du Rhône a confirmé son intention d’envoyer 120 enfants visiter en mars ce camp de concentration et soutient que tout a été évalué pour que ce soit fait sans danger. D’autres départements ont d’ailleurs continué d’envoyer des collégiens ces derniers mois.

Accomplir le devoir de mémoire sur d’autres lieux

Face à la prolifération de cette rumeur, sur Twitter notamment, au sujet du maire de Lyon, le président de la métropole Bruno Bernard, a écrit un fil Twitter. Il a ainsi réexpliqué que la décision n’a été motivée que par la crainte d’envoyer des élèves et des enseignants à « 250 km de la frontière ukrainienne ». Il assure qu’un travail collectif avec « les équipes pédagogiques et les parents d’élèves » a été réalisé afin que ces élèves puissent tout de même « accomplir le devoir de mémoire » en France, « en premier lieu ».



Afin d’être sensibilisés à la Shoah, les collégiens se sont rendus au camp de Natzweiler-Struthof en Alsace. Cette nouvelle disposition a ainsi permis à la métropole de doubler le nombre de collégiens participants au voyage.

Et sur la polémique de l’avion, le président de la métropole lyonnaise dénonce une « accusation odieuse et mensongère » en démontrant que ce moyen de transport n’a pas été exclu par la métropole, notamment lorsqu’il a fallu l’utiliser « pour des raisons humanitaires ».