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Tourisme solidairePayez-vous un séjour dans une « tiny house » en plein cœur du Vieux-Lille

Lille : Payez-vous un séjour dans une « tiny house » en plein cœur de la ville

Tourisme solidaireAvec ses minimaisons en location courte durée, Ch’tite maison solidaire propose de conjuguer tourisme, sobriété et solidarité
L'intérieur de la tiny house de l'association Ch'tite maison solidaire, installée dans le Vieux Lille.
L'intérieur de la tiny house de l'association Ch'tite maison solidaire, installée dans le Vieux Lille. - M.Libert / 20 Minutes / 20 Minutes
Mikaël Libert

Mikaël Libert

L'essentiel

  • Le premier habitat partagé de Lille comptera 5 tiny houses et sera inauguré au printemps 2023.
  • Ces minimaisons, une fois remboursées, sont installées sur des terrains partagés pour accueillir en mixité sociale des personnes précaires.
  • Le premier habitat partagé de Lille comptera 5 tiny houses et sera inauguré au printemps 2023.

Y a pas de mal à se faire du bien. Oui, Lille est une destination touristique de plus en plus appréciée. Et s’il existe plein d’hôtels plus ou moins étoilés, des Airbnb par centaines, il y a aussi, pour une durée limitée, une opportunité d’hébergement de courte durée beaucoup plus atypique : la tiny house. C’est l’association Ch’tite maison solidaire qui propose, en plein cœur du Vieux Lille, un séjour dans l’une de ses tiny houses aux touristes souhaitant découvrir la ville et tester leur degré d’acceptation de la sobriété.

Les tiny houses, ce sont ces minimaisons sur roues qui connaissent un engouement aussi important que les vans aménagés. Un effet de mode qui a pour conséquence de tirer les prix vers le haut, certaines pouvant se vendre « jusqu’à 120.000 euros », assure Christophe Thomas, cofondateur de l'association Ch’tite maison solidaire. Sauf que lui, il ne les vend pas, ses maisons, il n’en fait même pas un business. « L’idée est de louer des tiny houses pour les touristes le temps qu’elles soient payées, explique-t-il. Ensuite elles sont utilisées pour faire de l’habitat partagé ». En sept ans, la location, notamment via Airbnb, permet de rembourser l’investissement de 60.000 euros par maison. La tiny house remboursée est ensuite proposée comme maison d’habitation à un loyer mensuel d’environ 350 euros.

Trouver une solution aux habitants des bidonvilles

Le déclic lui est venu lorsque son ami et associé, Tony, était menacé d’expulsion du squat qu’il occupait avec femme et enfants. Apatride non reconnu, empêché de travailler normalement, Tony bossait dur, mais bénévolement, pour l’association du défunt père Arthur. « L’accueillir chez moi aurait été une mauvaise solution pour tout le monde. Alors j’ai eu l’idée de louer mes chambres inoccupées à des touristes et d’utiliser l’argent pour payer le loyer de Tony », se souvient Christophe. Les concepts de « #hostForGood » puis de la « Ch’tite maison solidaire » étaient nés.


La volonté de Christophe et Tony est de trouver une solution aux habitants des bidonvilles qui soit inscrite dans le temps et non dans l’urgence. « Il existe les villages d’insertion pour les Roms, mais cela n’aide pas à l’intégration puisqu’ils restent entre eux. Sans compter que cela peut être compliqué avec le voisinage », poursuit Christophe. D’où l’habitat partagé. Les tiny houses, payées par les touristes ou financées par les dons, sont installées sur un terrain partagé, puis louées sur le principe de la mixité. Pour celui de Lille, qui va ouvrir au printemps, il y aura 5 tiny houses. Trois occupées par des personnes précaires et deux par des Lillois qui ont simplement décidé de changer de mode de vie.


Une tiny house de Cht'tite maison solidaire installée provisoirement dans le Vieux Lille.
Une tiny house de Cht'tite maison solidaire installée provisoirement dans le Vieux Lille. - M.Libert / 20 Minutes

L’objectif est de répliquer ce modèle à hauteur de 10 tiny houses produites par an. « La tiny house est une solution pour résorber le squat urbain, mais c’est aussi une solution écologique pour la planète par le côté sobre de la vie que cela implique », insiste Christophe Thomas. Un côté sobre, mais pas moyenâgeux, chaque petite bicoque étant entièrement équipée : chambre, salon, cuisine, toilettes sèches et même une douche. Et pour tester votre degré d’acceptation sur l’échelle de la sobriété, vous pouvez donc louer la tiny house du Vieux Lille ou celle d’Ambleteuse, sur la Côte d’Opale.

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