Bretagne : La commune de Callac abandonne son projet contesté d’accueil de réfugiés

division Cible de l’extrême droite, le projet Horizon visait à redynamiser ce bourg rural du Centre-Bretagne

J.G. avec AFP
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Illustration d'une manifestation en faveur de l'accueil des réfugiés.
Illustration d'une manifestation en faveur de l'accueil des réfugiés. — T. Samson / AFP
  • A Callac, petite bourgade rurale des Côtes-d’Armor, le projet d’accueil de réfugiés ne verra pas le jour.
  • Le maire de la commune a préféré renoncer après les menaces reçues par plusieurs élus.
  • Farouchement opposée à ce projet, l’extrême droite avait manifesté deux fois dans la commune l’an dernier.

L’ambiance était tellement délétère dans sa commune qu’il a préféré jeter l’éponge. Maire divers gauche de Callac (Côtes-d’Armor), Jean-Yves Rolland a annoncé ce mercredi l’abandon du projet d’accueil de réfugiés. Baptisé Horizon et financé par un fonds privé, ce projet visait à redynamiser cette bourgade rurale du Centre-Bretagne en accueillant sur plusieurs années des dizaines de réfugiés dans des bâtiments désaffectés de la commune.

« Personnellement, j’étais pour le projet mais ce n’était plus tenable, le conseil municipal allait tomber, a-t-il indiqué à l’AFP. J’ai pris la décision de les entendre, de les écouter. » Le maire avait l’intention d’en informer ses administrés dans le prochain bulletin municipal mais l’information « a fuité », a-t-il déploré. « C’est dommage qu’on en arrive là, a-t-il ajouté. C’était un projet humain d’une très grande valeur, sans doute très important pour Callac dans l’avenir. »

Des élus visés par des menaces de mort

Depuis l’annonce du projet au printemps, la tension était palpable dans la commune. Plusieurs élus avaient ainsi été intimidés et même menacés de mort. L’extrême droite avait également tenté de mobiliser contre ce projet en organisant deux manifestations l’an dernier. A chaque, des contre-manifestations s’étaient déroulées, les forces de l’ordre tenant les deux camps à distance.

« Même s’ils n’étaient pas forcément contre le projet, des habitants ont pris peur », estime le maire. « Malgré cela, Callac est, et restera, une terre d’accueil pour toutes nouvelles populations, réfugiées ou pas », promet Jean-Yves Rolland, rappelant la longue tradition d’accueil de réfugiés depuis la guerre d’Espagne dans sa commune.

Eric Zemmour se félicite de l’abandon du projet

Dans un communiqué, le Fonds de dotation (FDM) « regrette » la décision des élus et « dénonce la campagne de désinformation de groupes et de médias d’extrême droite visant à diviser la population et à déstabiliser le Conseil municipal ».



Eric Zemmour a également réagi dans un tweet à l’abandon du projet. « Je veux dire bravo à mes militants qui ont bataillé depuis le premier jour aux côtés de tous les patriotes pour empêcher ce funeste projet de répartition des migrants à Callac », a écrit le président du parti Reconquête.