Crise énergétique : Sous respirateur, Pone de la Fonky Family interpelle Enedis sur les risques d’une coupure électrique

QUESTION DE SURVIE Le producteur de musique, atteint de la maladie de Charcot, lance un appel aux autorités et à Enedis pour prendre en compte la situation de toutes les personnes sous respirateur, dont il s’agit d’une question de survie

B.C.
Guilhem Gallart, alias Pone de la Fonky Family, est cloué dans son lit à cause de la maladie de Charcot.
Guilhem Gallart, alias Pone de la Fonky Family, est cloué dans son lit à cause de la maladie de Charcot. — Fred. Scheiber AFP
  • En raison des tensions énergétiques, et alors que les températures baissent, Enedis a annoncé qu’il pourrait y avoir des coupures d’électricité.
  • Même si les Français devraient être prévenus un peu à l’avance, pour des personnes sous respirateur à domicile avoir le courant est une question de survie.
  • Atteint de la maladie de Charcot, Pone de la Fonky Family, a décidé d’interpeller Enedis et les autorités pour demander la fourniture de groupe électrogène ou de ne pas couper.

Si elles surviennent, les coupures d’électricité n’auront pas les mêmes conséquences pour tout le monde. Si pour le plus grand nombre cela se terminera par une soirée passée aux bougies, pour d’autres, ne plus avoir le courant, devient une question de survie. Et là, les « scénarios de la peur » fustigés par Emmanuel Macron pourraient devenir une réalité.

Depuis son domicile du Tarn, où il est cloué au lit depuis plusieurs années par la maladie de Charcot, Guilhem Gallart, aka Pone de la Fonky Family, a décidé d’interpeller Enedis et les autorités. Dans un message sur sa page Facebook, le producteur de musique rappelle que lorsqu’il est sorti de l’hôpital, le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité lui avait « certifié qu’ils ne me couperaient jamais l’électricité volontairement », commente-t-il.



Comme lui, des milliers d’autres patients en France se trouvent sous respirateurs, « un dispositif vital relié au réseau électrique ». Mais au-delà des respirateurs, qui sont équipés de batteries au cas où, certains sont aussi reliés à des aspirateurs trachéaux, des aspirateurs à mucosités aspirateurs, tout aussi vitaux, mais qui ne fonctionnent qu’au courant électrique.

Installer des groupes électrogènes ou ne pas couper

Dans le secteur de Gaillac, où il vit, ils sont une trentaine comme lui à être inscrits auprès d’Enedis en tant que personnes à priorité vitale. « Ce que dit officiellement Enedis, c’est que si nous n’avons pas de quoi nous protéger d’une coupure de courant, autrement dit un groupe électrogène, nous serons évacués vers un hôpital, pour les deux heures de coupure », explique-t-il. Mais voilà, Pone a fait un petit calcul et la donne le jour J risque d’être un peu plus complexe qu’un simple transfert vers l’établissement de santé.

« Pour me transporter à l’hôpital, il faut une équipe complète du Samu avec son camion, et quatre pompiers. Le transport en ambulance "normale" n’est pas possible car elles ne sont pas équipées de prises électriques et il n’y a pas de médecin. Il y a deux camions de Samu dans mon secteur, pour rapatrier 30 personnes, ce qui représente au bas mot 30 heures de transport pour un coût qui flirte avec les 100.000 euros pour la collectivité. Admettons que nos chers médecins, infirmiers et brancardiers du Samu réalisent ce miracle, (et qu’ils ne soient pas déjà en intervention) les patients devront être admis dans un service de réanimation ou de soins continus, or mon secteur compte 22 lits de réanimation et 20 de soins continus, inutile de vous faire un dessin sur l’engorgement que cela créera », relève Guilhem Gallart.

Il y a donc plus simple selon lui que ce déménagement. Il a donc décidé d’interpeller les autorités et Enedis pour leur demander « soit nous installer des groupes électrogènes le temps des coupures, soit de ne pas nous couper l’électricité, notre vie en dépend ».

Ce scénario catastrophe, il ne devrait pas avoir à le subir car il a chez lui un groupe électrogène. « Mais je ne fais pas ça pour moi », indique à 20 Minutes le membre de la Fonky Family qui pense aux milliers de personnes dont la vie ne tient « qu’à un fil, électrique ».