Nantes : La publicité sur les tramways vit ses derniers jours

AFFICHAGE La réclame sur les trams sera définitivement stoppée début janvier, après plusieurs critiques sur le choix des annonceurs. Elle rapportait en moyenne 400.000 euros par an à la Semitan

Frédéric Brenon
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Une publicité pour un zoo sur un tramway de la ligne 1 à Nantes.
Une publicité pour un zoo sur un tramway de la ligne 1 à Nantes. — M.Gile/Sipa
  • A partir du 5 janvier, il n’y aura plus de publicité pour des annonceurs privés sur les tramways nantais.
  • Cette mesure prise par la Semitan est une réponse aux polémiques suscitées par certains choix de campagnes.
  • Le renoncement entraîne un manque à gagner dans un contexte délicat pour les finances des transports publics.

Un tram traversant la ville habillé de couleurs inhabituelles et de slogans vantant les mérites d’un grand magasin suédois, d’un fabricant de téléphones ou d’un parc animalier. Les Nantais avaient fini par s’habituer à cette pratique ponctuelle, lancée il y a plus de dix ans. Mais la publicité exposée sur les rames de tramway vit actuellement ses derniers jours. Le 5 janvier, le dernier contrat d’affichage sur ce support aura pris fin. La Semitan, qui exploite le réseau de transports en commun pour le compte de Nantes métropole, a en effet décidé de dire stop après la polémique suscitée par la circulation en septembre d’un tram relooké avec la couleur de la société de livraisons Flink.

Cette dernière dispose en effet d’un entrepôt de type « dark store » rue des Olivettes, lequel est pointé du doigt par les riverains et élus pour les nuisances qu’il génère sur l’espace public. Par le passé, des campagnes publicitaires en faveur de compagnies aériennes low cost avaient, elles aussi, essuyé des critiques.



« Le plus simple est encore de dire qu’il n’y aura plus de pub sur les tramways », réagit Pascal Bolo, président de la Semitan, conscient du « risque de contradiction avec les orientations de nos politiques publiques. Cette décision vient, en plus, en cohérence parfaite avec la diminution des surfaces publicitaires dans l’ensemble du centre-ville. »

« On doit pouvoir se priver de 400.000 euros »

Selon la Semitan, les campagnes adhésives sur le tram rapportaient environ 400.000 euros par an. Du côté de Nantes métropole, on évoque un montant proche de 700.000 euros. Dans les deux cas, un manque à gagner non négligeable dans le contexte financier délicat que connaissent tous les réseaux de transports urbains depuis la crise sanitaire, en particulier à Nantes où la gratuité le week-end est en vigueur depuis le printemps 2021. Le renoncement à ces recettes publicitaires ne fait d’ailleurs pas l’unanimité au sein de la classe politique, y compris au sein de la majorité socialiste de Nantes métropole.



« Sur le plan financier, ce n’est pas totalement neutre évidemment, mais ce n’est pas déterminant dans l’équilibre de nos transports publics, fait valoir Pascal Bolo. Quand on doit dépenser 20 millions d’euros de plus en frais d’énergie comme cela va être le cas, on doit pouvoir se priver de 400.000 euros de recettes publicitaires. » « Chaque euro gagné est le bienvenu pour financer le transport public. Il faudra bien trouver cet argent ailleurs, ou l’économiser. On espère que ce ne sera pas aux dépens de la dotation de fonctionnement de l’entreprise », nuance Didier Sauvêtre, délégué CFDT, le syndicat majoritaire à la Semitan.

A noter que les campagnes sur la carrosserie des tramways resteront autorisées lorsqu’il s’agira de communication en faveur de l’Etat, de Nantes métropole ou de la TAN, précise la Semitan.