Nord : Faute de clé, le fils d’un résistant ne peut célébrer la mémoire de son père, fusillé en 1942

COMMéMORATION Le maire de Wambrechies, dans le Nord, refuse d’ouvrir la porte d’un fort pour permettre à une famille de célébrer, en privé, le 80e anniversaire de la mort d’un aïeul fusillé en 1942

G.D.
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Le monument aux fusilles du Mont-Valerien. à Suresnes.
Le monument aux fusilles du Mont-Valerien. à Suresnes. — SIPA
  • Depuis plusieurs semaines, le fils d’un résistant de la Seconde Guerre mondiale ne parvient pas à obtenir l’autorisation de se rendre sur le lieu où son père a été fusillé, en décembre 1942.
  •  Installé dans l’enceinte d’un fort à Wambrechies, dans le Nord, le mémorial est, en effet, inaccessible au grand public.
  • Le maire de la commune ne souhaite pas ouvrir le lieu pour une cérémonie privée.

Un refus qui passe mal. Depuis plusieurs semaines, le fils d’un résistant de la Seconde Guerre mondiale ne parvient pas à obtenir l’autorisation de se rendre sur le lieu où son père a été fusillé, en décembre 1942, raconte La Voix du Nord. Installé dans l’enceinte d’un fort à Wambrechies, dans le Nord, le mémorial est, en effet, inaccessible au grand public et le maire ne souhaite pas ouvrir le lieu pour une cérémonie privée.

« Je ne peux pas ouvrir le fort pour chaque personne »

Pour Georges Waysand, âgé de 81 ans, cette décision est incompréhensible et sa fille Marianne a porté l’affaire sur les réseaux sociaux. « Le 15 décembre, cela fera 80 ans que mon grand-père paternel, Jean Waysand, a été fusillé comme résistant, à l’âge de 26 ans, au Fort du Vert Galant à Wambrechies, explique-t-elle sur son compte Linkedin. Son fils avait alors 1 an et demi. (…) Pour commémorer ce triste anniversaire, mon père a souhaité que nous allions en famille nous recueillir sur le lieu d’exécution, samedi 10 décembre »

Sauf que, pour se rendre au monument aux morts, il faut une clé, propriété de la mairie de Wambrechies. Et jusqu’alors, les demandes de la famille sont restées lettre morte.  « On a une cérémonie en mars. Je ne peux pas ouvrir le fort pour chaque personne, à la demande, je n’ai pas les équipes », évoque le maire, Sébastien Brogniart, interrogé par le quotidien régional.

Il y a dix ans, Georges Waysand avait pourtant pu organiser cette cérémonie intime avec l’aide d’un adjoint au maire. Devant le refus du maire, la famille a décidé de se rendre tout de même devant le fort, samedi, quitte à trouver porte close.