Montpellier : Une réduction des primes à partir du 11e jour d’arrêt maladie des agents de la métropole

PAS LÀ La collectivité a voté un plan pour lutter contre l’absentéisme des agents

Nicolas Bonzom
Des feuilles d'arrêts maladie (Illustration).
Des feuilles d'arrêts maladie (Illustration). — DURAND FLORENCE/SIPA
  • La métropole de Montpellier a voté mardi matin, lors du conseil métropolitain, un plan pour tenter de lutter contre l’absentéisme de ses agents.
  • Cette mesure a fait bondir les syndicats et les rangs de l’opposition : la réduction des primes des agents, à partir du 11e jour d’arrêt maladie.
  • Les syndicats ont manifesté devant la métropole, mardi matin, en réaction.

Mardi matin, tandis que s’ouvrait un nouveau conseil de métropole, à Montpellier (Hérault), sifflets et trompettes résonnaient au pied de l’immeuble, à Antigone. A l’appel des syndicats, des salariés ont protesté contre une mesure qu’ils jugent injuste : la réduction, à partir du 11e jour d’arrêt maladie, des primes des agents de la métropole.

Une décision motivée, au sein de l’exécutif, pour tenter d’enrayer l’absentéisme, à la métropole. Une « taxe sur la maladie », « à visée uniquement budgétaire », gronde le syndicat FO. « Combien d’agents devront repousser une opération importante de peur des conséquences que leur absence aura sur le budget de leur famille ? Que dire des agents aux risques élevés d’infarctus, d’AVC et autres pathologies accentuées par le stress et la surcharge de travail ? Par cette mesure, nos collectivités les invitent à choisir entre prévention et rémunération. » Pour le syndicat FO, pour un arrêt maladie de trois mois, cela représenterait une perte sèche de 700 à 2.500 euros, selon les postes.

« Etre ferme avec ceux qui abusent »

Michaël Delafosse, le maire (PS) et président de la métropole de Montpellier, a défendu, mardi, cette décision de réduire les primes des agents de la collectivité, après dix jours d’arrêt de travail. « Il y a des collectivités dans lesquelles c’est quatre, d’autres sept », souligne l’élu. L’objectif, c’est « d’être ferme avec ceux qui abusent, et bienveillants avec l’immense majorité qui entend rendre le meilleur service public possible ».

A la métropole de Montpellier, le taux d’absentéisme s’est aggravé de deux jours, entre 2017 à 2019, passant de 24 à 26 jours. Une progression qui conduit la collectivité à agir, pour « éviter toute détérioration qui aurait des répercussions sur le fonctionnement interne, et la qualité du service rendu auprès des usagers », confie Joël Raymond (LREM), le vice-président en charge des ressources humaines, qui porte le dossier. La réduction des primes, dès le 11e jour d’arrêt maladie, qui sera mise en œuvre à partir du 1er janvier, « pourra évoluer et être adaptée », explique toutefois l’élu.

Une « mesure absurde »

La mesure a fait bondir l’opposition. « Une grosse grippe, une opération non prévisible, et l’agent sera pénalisé, financièrement », s’insurge Alenka Doulain (divers gauche), pour qui cette décision est « une double peine », pour l’agent malade. « Cette mesure absurde va contraindre certains agents à travailler bien que malade. C’est inefficace au possible. » Même dans les rangs de la majorité, la sanction du 11e jour a du mal à passer. « Nous estimons que ce seuil de dix jours est trop bas, pointe Hervé Martin (PC). Quelques jours de Covid-19, de grippe feront franchir ce seuil. Et du coup, le juste équilibre n’est pas bon, entre les quelques-uns qui grugent, et qui doivent être sanctionnés, et l’immense majorité des agents qui fait son travail tout à fait normalement, mais qui peuvent tomber malade. »

La réduction des primes à partir du 11e jour d’arrêt maladie n’est pas la seule mesure, votée par la métropole, pour tenter de lutter contre l’absentéisme. A également été acté un accompagnement des agents, à leur retour d’un congé maladie, pour « éviter la banalisation des arrêts », note Joël Raymond. Mais aussi des mesures visant à améliorer la qualité de vie au travail, à permettre aux salariés de se reconvertir ou de bouger au sein des services de la collectivité, ou à leur donner de la lisibilité, quant à leur carrière.

Le plan de la métropole de Montpellier a été voté dans la douleur, mardi. Dix-sept élus s’y sont opposés, huit se sont abstenus. Pas de quoi, toutefois, l’empêcher d’être adopté. Un plan similaire sera voté par la ville de Montpellier, au prochain conseil municipal. A la mairie, s’attaquer à l’absentéisme semble un peu plus urgent encore : la commune est championne, depuis plusieurs années, en la matière, en France. « Il est à un niveau très préoccupant, et qui n’est pas acceptable », affirme Michaël Delafosse.