Des affiches de la Fédération des chasseurs qualifiées de « contrefaçon » par la justice

COMMUNICATION Une campagne de la FNC a été retoquée par la cour d’appel de Paris pour avoir plagié la Ligue pour la Protection des Oiseaux

20 Minutes avec agences
Photo d'illustration d'un chasseur.
Photo d'illustration d'un chasseur. — SICCOLI PATRICK/SIPA

« Les chasseurs, premiers écologistes de France ? » : cette vaste campagne de communication lancée en 2018 par la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a été retoquée par la cour d’appel de Paris dans un jugement du 2 décembre, estimant que trois de ses affiches sont des « contrefaçons ». La Cour considère que la FNC « a commis des actes de contrefaçon des droits patrimoniaux d’auteur de la Ligue pour la Protection des Oiseaux en reproduisant les caractéristiques de la charte graphique de cette dernière et des trois affiches "#natureAlertcanard", "#natureAlert-loutre" et "Refuge LPO" ».




Elle interdit désormais aux chasseurs d’utiliser ou de reproduire les trois affiches concernées et la charte graphique de la LPO « sous quelque forme que ce soit et à quelque titre que ce soit » et ordonne leur retrait de leur site Internet. La FNC est en outre condamnée à verser 10.000 euros à la LPO au titre des frais de justice.

Une « tartufferie » pour Allain Bougrain-Dubourg

« Pollution par le plomb, destruction d’espèces en mauvais état de conservation, combats contre la création d’espaces protégés, relâchés de gibiers d’élevage, destruction des petits prédateurs alliés de l’agriculture… Après un tel palmarès, les chasseurs voudraient faire croire qu’ils sont les premiers écologistes de France, qui plus est en plagiant la LPO. La justice vient de tourner la page de cette tartufferie », s’est félicité le président de la LPO Allain Bougrain-Dubourg dans un communiqué.

Cette campagne, destinée à redorer l’image écornée des chasseurs et dont le slogan avait été fustigé par plusieurs associations de défense de l’environnement, avait déjà fait l’objet de plusieurs retoquages.

Un point d’interrogation à rajouter sur les affiches

L’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) avait estimé dès 2018 que l’affirmation « premiers écologistes de France » concernant les chasseurs n’était pas fondée sur des « éléments justificatifs objectifs et vérifiables », demandant à la RATP d’ajouter un point d’interrogation sur les affiches placardées dans le métro parisien.



La FNC avait ensuite été condamnée en février 2021 par le tribunal judiciaire de Paris pour « parasitisme au préjudice de l’association LPO France ». Une décision dont les chasseurs avaient fait appel.