Comment les futurs « guerriers du ciel » de l’armée de l’Air se forment sur les nouveaux Pilatus PC-21

TOP GUN L’armée de l’Air et de l’Espace forme désormais ses futurs pilotes de chasse à la base aérienne 709 de Cognac, sur des PC-21 de l’industriel suisse Pilatus Aircraft

Mickaël Bosredon
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La nouvelle génération d'avions PC-21 a été réceptionnée lundi à la base aérienne 709 de Cognac.
La nouvelle génération d'avions PC-21 a été réceptionnée lundi à la base aérienne 709 de Cognac. — Mickaël Bosredon
  • Deux PC-21 de nouvelle génération ont été réceptionnés lundi par l’école de l’aviation de chasse (EAC) basée sur la BA 709 de Cognac-Châteaubernard.
  • L’ensemble du cursus de formation des futurs pilotes de chasse, qui a été ramené à deux ans et qui s’effectue désormais uniquement sur cette base, se fera sur cet appareil.
  • Ces PC-21 participent au programme « Mentor » de l’armée de l’Air, qui vise à moderniser et optimiser la formation des futurs pilotes et navigateurs de combat.

De prime abord, il ne paie pas de mine, mais attention il décoiffe. Dans les rangs de l’armée de l’Air et de l’Espace, on ne tarit pas d’éloges sur le Pilatus PC-21. Qualifié de véritable « révolution technologique » avec son « glass cockpit » type Rafale, l’avion affiche de jolies performances avec une vitesse dépassant les 370 nœuds (685 km/h) et un facteur de charge de +8g/-4g. De quoi travailler des missions au plus près de la réalité.


Atterrissage du Pilatus PC-21 à la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard
Atterrissage du Pilatus PC-21 à la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard - Mickaël Bosredon

C’est sur ce nouvel avion d’entraînement à turbopropulseur, fabriqué par le suisse Pilatus Aircraft, que l’armée de l’Air et de l’Espace forme désormais ses futurs pilotes de chasse. Deux PC-21 de nouvelle génération ont été réceptionnés lundi par l’école de l’aviation de chasse (EAC) basée sur la BA 709 de Cognac-Châteaubernard (Charente). Ils vont permettre à l’armée de l’Air de poursuivre son programme « Mentor ».

« Une pièce maîtresse du projet Mentor »

« Mentor » est un vaste programme qui vise à moderniser et optimiser la formation des futurs pilotes et navigateurs de combat, en formant des stagiaires sortis de Salon-de-Provence en deux ans, contre trois auparavant. Et tous sont désormais regroupés à la BA 709, quand ils étaient répartis auparavant entre Cognac, Tours et Cazaux.

« Ces avions PC-21 sont une pièce maîtresse du projet Mentor », insiste le général de corps aérien Frédéric Parisot. Depuis 2018, dix-sept avions PC-21 équipent déjà la base de Cognac, qui va monter à 26 appareils d’ici au printemps prochain. L’ensemble du cursus des équipages de combat s’effectuera désormais sur cet avion, en remplacement des anciens Epsilon et Alphajet. Même s’il n’est pas donné (compter entre 11 et 12,5 millions d’euros par appareil), grâce à une durée de vol plus longue, et parce qu’il est aussi plus économe en carburant, le PC-21 permet par ailleurs « de diviser par cinq le coût à l’heure de vol » par rapport à l’Alphajet.

« Assurer une arrivée dans de bonnes conditions sur Rafale et Mirage 2000 »

« La formation des équipages de combat sur un seul avion va permettre de s’assurer d’une arrivée dans de bonnes conditions sur Rafale et Mirage 2000 » assure le général Parisot. D’autant plus qu’avec son dispositif de « glass cockpit », avec simulateur de dernière génération qui génère des cibles fictives et système de navigation et d’attaque embarqué, ainsi que son dispositif de vision nocturne, « le PC-21 élargit le champ des possibles ». L’aéronef répond ainsi en tout point à « nos challenges qui sont de former nos pilotes de guerre de demain, en leur donnant les outils pour être performants sur chasseur. »



Jeune pilote de Rafale à l’escadron 3-30 Lorraine de Mont-de-Marsan (Landes), le capitaine Vincent fait partie de la première génération de pilotes formés sur PC-21. « C’est un avion complet, dont le système intégral assure une bonne transition vers un avion à réacteur [de type Rafale ou Mirage 2000] », confirme le chasseur. « Il y a quand même une marche technique et intellectuelle à franchir avant de passer sur Rafale, qui est un avion plus brusque, et dont le domaine de vol s’étend drastiquement, mais on prend nos repères assez vite. »

Simulateur dernière génération

Avant d’attaquer leur formation en vol, les stagiaires passent d’abord par l’étape du simulateur au sol, qui représente 40 % de la formation. Un simulateur dernière génération lui aussi. « Il permet au stagiaire d’appréhender toutes les nouveautés en simulant notamment des attaques ennemies, sans l’environnement aéronautique contraignant », explique l’adjudant Kevin. Le stagiaire va ainsi s’entraîner à « exécuter le geste parfait ».

En sortant de sa « bulle », le capitaine Gaëtan confirme que « ce simulateur est très immersif et permet de reproduire à peu près tout ce que l’on peut faire en vol, y compris les combats aériens. » Rentré en 2016 à l’école de Salon-de-Provence, l’officier a commencé sa formation à l’école de chasse en 2021.


Le capitaine Gaëtan dans le simulateur de l'école de l'aviation de chasse de la BA 709.
Le capitaine Gaëtan dans le simulateur de l'école de l'aviation de chasse de la BA 709. - Mickaël Bosredon

La plateforme de Cognac forme « une moyenne constante de 150 stagiaires », explique le colonel Thierry Kessler-Rachel, commandant la BA 709. « Notre objectif est de livrer aux unités opérationnelles cinquante pilotes brevetés transport, et cinquante équipages brevetés chasse [37 pilotes, 12 navigateurs] par an. » Une demande en hausse.