Rétro 2022 : « Apocalypse », « soupe de tomate »… Tous les mots qui ont marqué l’actu

Vocabulaire Tour d’horizon des expressions et des mots qui ont marqué l’actualité de 2022

20 Minutes avec AFP
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De l'Ukraine, envahie par la Russie depuis février 2022, à la mort de Mahsa Amini qui a embrasé l'Iran aux jets de tomate sur des oeuvres d'art pour sensibiliser au climat, l'année a été riches en actualité et en expression en rapport.
De l'Ukraine, envahie par la Russie depuis février 2022, à la mort de Mahsa Amini qui a embrasé l'Iran aux jets de tomate sur des oeuvres d'art pour sensibiliser au climat, l'année a été riches en actualité et en expression en rapport. — SIPA/Canva
  • Comme chaque année, la rédaction de 20 Minutes vous accompagne durant les fêtes de décembre. Et comme chaque à cette période, on revient sur l’année écoulée et on prévoit celle à venir.
  • Jusqu’au 31 décembre, retrouvez tous les grands événements de 2022, des plus catas aux plus sympas. Dans ce septième épisode, retour les dix mots ou expressions qui ont marqué l’actualité en 2022.
  • « Feuille A4 », « Roe v. Wade » ou « sobriété », à chaque événement son mot frappant et cette année le grand gagnant est « apocalypse », forcément.

« Apocalypse » en Ukraine, « femme, vie, liberté » en Iran ou « feuille A4 » en Chine. Chaque fait marquant de 2022 a été accompagné de son mot frappant. Retour sur dix mots ou expressions qui ont marqué l’actu cette année et dont vous n’auriez jamais imaginé la portée avant que, par exemple, les Etats-Unis ne remettent en question le droit à l’IVG.

Apocalypse

Avec la guerre en Ukraine et les menaces plus ou moins explicites de Vladimir Poutine, la possibilité d’une guerre nucléaire, ou au moins d’une frappe nucléaire tactique, s’est réinvitée dans le débat public comme jamais depuis des décennies. « Nous n’avons pas été confrontés à la perspective d’une apocalypse depuis Kennedy et la crise des missiles cubains », en 1962, résume le président américain Joe Biden, début octobre. Face à Moscou, les puissances dotées elles aussi de l’arme nucléaire se voient contraintes de se poser des questions vertigineuses sur leur capacité de dissuasion et leur éventuelle réplique.

Authentification

La coche bleue qui certifie l’identité du titulaire d’un compte sur Twitter illustre à elle seule la cacophonie qui règne sur le réseau social depuis son rachat, fin octobre, pour 44 milliards de dollars, par le milliardaire Elon Musk. Après avoir lancé une version payante de la certification des profils, le réseau social est contraint de suspendre le nouveau système au bout de deux jours à peine : faute de vérification d’identité, de nombreux comptes se font passer pour ceux de célébrités ou de grandes entreprises, du basketteur LeBron James à Nintendo. Fin novembre, nouvelle annonce : Twitter va lancer prochainement des badges gris, dorés et bleus pour distinguer les différents types de comptes authentifiés de la plateforme.

« Femme, vie, liberté »

Le slogan des manifestants iraniens, devenu un des symboles de la révolte qui a éclaté après la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une jeune femme arrêtée à Téhéran par la police des mœurs. Il a été repris dans les rassemblements quasi quotidiens et très violemment réprimés depuis ce décès, arboré dans des messages de soutien sur les réseaux sociaux, en Iran comme à l’étranger, et même affiché sur une banderole dans le stade lors du premier match des Iraniens au Mondial de foot.

Feuilles A4

De nombreux Chinois ont exprimé fin novembre leur opposition au gouvernement et à sa stricte politique « zéro Covid », usant de créativité pour contourner la censure et montrer leur colère et leur soutien aux manifestations. Dans plusieurs villes, dont Pékin, les manifestants ont ainsi brandi en signe de solidarité des feuilles de papier A4 blanches, en référence au manque de liberté d’expression en Chine. D’autres ont aussi publié des carrés blancs sur leur profil WeChat.

London Bridge

De l’annonce du décès au protocole des funérailles et aux conditions d’accession au trône de son successeur, l’opération London Bridge (Pont de Londres) prévoyait étape par étape le déroulé des événements, après la mort de la reine Elizabeth II, décédée à 96 ans, après 70 ans de règne, le 8 septembre. Réglée au millimètre depuis des années, fréquemment révisée, elle a toutefois dû être adaptée au dernier moment, la souveraine s’étant éteinte en Ecosse, loin de la capitale britannique.

« Pertes et dommages »

Au bout d’une année 2022 qui a tristement illustré l’accélération des impacts catastrophiques du réchauffement de la planète, la conférence sur le climat de l’ONU a finalement abouti à un accord qualifié d'« historique » sur la mise en œuvre d’un fond destiné à compenser les « pertes et dommages » climatiques déjà subis par les pays les plus pauvres. Adoptée presque à la sauvette au milieu de la nuit alors que le sujet n’était même pas à l’ordre du jour d’une COP27 au bilan par ailleurs plutôt contrasté, cette mesure était réclamée depuis longtemps par les nations les plus modestes. Craignant notamment d’admettre une quelconque responsabilité juridique, les pays riches, gros émetteurs historiques de gaz à effet de serre, s’y refusaient depuis des années.

Post-fasciste

Un siècle après l’arrivée au pouvoir de Benito Mussolini, la victoire du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia aux élections législatives fin septembre a permis à sa dirigeante, la Romaine Giorgia Meloni de devenir la première femme à diriger le gouvernement italien. Présentée comme « post-fasciste », elle n’a eu de cesse depuis son élection de tenter de rassurer. « Je n’ai jamais eu de sympathie ou de proximité vis-à-vis des régimes antidémocratiques. Pour aucun régime, fascisme compris », a tenu à souligner celle qui fut dans sa jeunesse une admiratrice de Mussolini.

« Roe v. Wade »

Dans une volte-face historique, la très conservatrice Cour suprême des Etats-Unis a enterré en juin l’emblématique arrêt « Roe v. Wade », datant de 1973, qui garantissait le droit des Américaines à avorter mais n’avait jamais été accepté par la droite religieuse. Sa décision a fait entrer les Etats-Unis dans un monde « post-Roe », où chaque Etat est libre d’autoriser ou non les interruptions volontaires de grossesse sur son sol. Une quinzaine les ont déjà bannies et d’épiques batailles politiques et judiciaires se poursuivent ailleurs, témoignant des passions que suscite toujours la question de l’avortement dans le pays. Les résultats des récentes élections de mi-mandat ont toutefois été l’occasion pour les défenseurs de l’IVG de se réjouir de plusieurs victoires, y compris par exemple dans le très conservateur Etat du Kentucky où les électeurs ont rejeté un référendum hostile au droit à l’avortement.

Sobriété

Baisser le chauffage, enfiler des cols roulés, limiter l’emploi des appareils électriques… En pleine crise énergétique, sur fond de guerre en Ukraine et de volonté de se défaire de la dépendance au gaz russe, les appels à la sobriété énergétique se sont multipliés, en particulier en Europe. Visant à éviter coupures et pannes, s’inscrivant aussi dans le contexte de la lutte contre le réchauffement climatique, cette sobriété tant vantée est aussi pour beaucoup de consommateurs une nécessité économique, dans de nombreux pays heurtés de plein fouet par l’inflation.

Soupe de tomate

Les « Tournesols » de Van Gogh aspergés de soupe de tomate à Londres, « Les Meules » de Claude Monet recouvertes de purée près de Berlin, une BMW repeinte par Andy Warhol saupoudrée de farine à Milan… : la fin d’année a été marquée par des actions coups de poing de militants écologistes visant des œuvres d’art pour alerter l’opinion sur le réchauffement climatique. Protégées par des vitres - sur lesquelles d’autres se sont collé les mains, comme sur celle recouvrant la célébrissime « Jeune fille à la perle » de Vermeer –, les œuvres n’ont pas été endommagées. Ces actions, et d’autres menées par ces militants, comme l’interruption de compétitions sportives ou le blocage de routes, ont visé à relancer le débat autour du climat, quitte à braquer une partie de l’opinion.