Nice : Les stationnements sur les pistes cyclables seront désormais vidéo verbalisés

VELO A partir de samedi, n’importe quel type de véhicules garé plus d’une minute sur une piste cyclable sera détecté par vidéo et verbalisé à Nice. Une expérimentation qui doit durer trois mois

Elise Martin
Le centre de supervision urbain (CSU) de Nice (Illustration)
Le centre de supervision urbain (CSU) de Nice (Illustration) — SYSPEO/SIPA
  • A partir de samedi, il ne sera plus possible de se garer sur les pistes cyclables à Nice.
  • Neuf zones sont équipées d’un système d’intelligence artificielle qui détecte « en temps réel » l’infraction et alerte un agent du centre de supervision urbain afin de verbaliser le conducteur du véhicule de 135 euros d’amende.
  • Une innovation « unique » en France.

Finis les « stationnements anarchiques » sur les pistes cyclables. A partir de samedi, les caméras de vidéosurveillance de Nice détecteront « en temps réel, tout véhicule, deux roues, camion et voiture, présent sur ces voies plus d’une minute » avant d’envoyer une alerte au centre de supervision urbain afin de verbaliser le conducteur d’une amende de 135 euros. Cette expérimentation durera trois mois avant de faire un bilan « pour élargir le dispositif à davantage d’infractions et géographiquement », a annoncé Anthony Borré ce vendredi lors d’une conférence de presse.

Pour l’heure, seules six caméras qui surveillent neuf zones de la ville sont équipées de ce « système d’intelligence artificielle [IA] ». Les rues Durante, Congrès, Buffa et Dante ont été observées comme celles « les plus concernées par ces incivilités ». « Lors de la phase de test réalisée depuis un mois, plus de 40 alertes en moyenne ont été relevées chaque jour, précise le premier adjoint au maire de Nice. Ces chiffres nous prouvent la nécessité d’agir et qu’on ne se trompe pas. On a démarré là où cela nous semblait le plus urgent. »

L’unique ville en France à utiliser l’IA dans ce domaine

La « seule ville en France à posséder autant de caméras », comme l’a rappelé Anthony Borré, devient également l’unique à utiliser cette technologie « innovante » qu’est l’IA afin de « lutter contre ces incivilités ». « La verbalisation n’est pas 100 % informatisée car il est important qu’il y ait une levée de doute avec un agent, qu’il puisse avoir du discernement pour des cas particuliers », indique le premier adjoint au maire. Il appuie néanmoins sur le fait qu’il n’y aura « aucune tolérance pour les livreurs ».

Lors de la conférence de presse, les écrans diffusant sur les zones concernées par l’expérimentation ont permis de constater que trois camions de livraisons ont utilisé les pistes cyclables comme stationnement. « Ils ont été verbalisés en direct », a ensuite affirmé Anthony Borré.

« Il y a du progrès »

L’association Nice à vélo, qui collabore avec la collectivité, le réclamait « à toutes les rencontres avec la mairie » depuis plus d’un an. « C’est une des demandes qu’on a faites depuis très longtemps, à travers les réunions mais aussi via des photos postées sur les réseaux sociaux comme preuves, lance Daniele, membre de l’association. Il y a du progrès. C’est très important parce qu’en tant qu’usager à vélo, on prend des risques pour contourner une voiture. Si cette mesure peut faire réfléchir, on est satisfait. »

Pour accompagner ce dispositif, des panneaux de signalisation seront installés afin de prévenir les automobilistes. « C’est obligatoire lorsqu’on pratique la vidéoverbalisation », souligne l’élu. Avant d’ajouter : « On a fait la déclaration à la Commission nationale de l’informatique et des libertés [Cnil] à ce sujet. On s’avance mais on estime que si nous n’avons pas de retour, c’est que cette expérimentation peut suivre son cours. Et ce n’est pas bien différent de ce qui existe déjà en matière de vidéoverbalisation. »

Elargir ce dispositif à d’autres fonctionnalités

Dans trois mois, la ville aimerait pouvoir étendre ce système à d’autres fonctions. « Nous sommes également encore phase test pour repérer les deux roues circulant sur les aménagements cyclables, annonce Véronique Borré, directrice générale adjointe à la ville de Nice. C’est plus difficile d’avoir 100 % d’efficacité comme pour le stationnement car il faut faire la différence de vitesse entre un vélo et un scooter par exemple. »



Ensuite, l’IA pourra être utilisée pour « la détection de feu rouge non respectée » ou encore « l’utilisation interdite de voie », des spécificités qui concernent les usagers de véhicules et non les cyclistes. « Il n’est pas possible de verbaliser un vélo avec la vidéo car il n’est pas immatriculé », développe Véronique Borré en rappelant que la collectivité avait refusé l’installation de panneaux « M12 », des « cédez le passage » pour cyclistes aux feux rouges, qui fait partie des demandes des associations d’usagers à vélo.