Electricité : Les préfets priés d’anticiper d’éventuelles coupures

crise énergétique Le gouvernement va adresser aux préfets une circulaire pour anticiper et préparer leurs départements à d’éventuelles coupures programmées de l’électricité

20 Minutes avec AFP
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Un compteur d'électricité (illustration).
Un compteur d'électricité (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes

Le gouvernement va adresser aux préfets une circulaire pour anticiper et préparer leurs départements à d’éventuelles coupures programmées de l’électricité, qui pourraient concerner 60 % de la population mais aucun site critique ou client prioritaire, a-t-on appris mercredi de source gouvernementale.

Le texte, qui concerne le territoire métropolitain sauf la Corse, reliée à l’Italie et qui dispose de sa propre production électrique, sert à « finaliser la préparation du pays » même si des délestages tournants, de maximum deux heures, restent à ce stade une hypothèse, notamment en janvier si l’approvisionnement en électricité vient à poser problème. « On ne couperait que si le froid se confirme, qu’on a un problème de production ou d’interconnexion [avec les pays voisins] et si la consommation ne baisse pas », souligne-t-on de même source.

« L’idée est que personne ne soit surpris »

Dans la pratique, une partie de la population ne sera jamais délestée car prioritaire, ou raccordée par chance à une ligne prioritaire, « ce qui concerne 40 % des gens », selon le gouvernement, ajoutant que les délestages ressembleront aux taches d’une « peau de léopard ». Il n’y aura aucun département délesté en entier, mais seulement des parties minoritaires du territoire, jamais deux fois les mêmes personnes et aucun des quelque 3.800 patients à haut risque dépendants d’un équipement médical à domicile branché sur le secteur.

Dans tous les cas, les coupures auraient lieu aux moments des pics de consommation, entre 8 heures et 13 heures le matin, et entre 18 heures et 20 heures le soir. Avec comme inconvénient pour les écoles susceptibles d’être délestées qu’elles n’ouvrent pas le matin pour éviter d’être sans lumière, ni chauffage ni alarme. Et pour les voyageurs, le risque est que certains trains ou métros soient annulés pour éviter d’avoir des passagers bloqués en pleine voie : « Soit ça roule de bout en bout, soit on préférera interrompre deux heures, car être coincé dans le métro deux heures n’est pas une option. »

Un signal EcoWatt rouge serait émis trois jours à l’avance, permettant de savoir ensuite avec un jour d’avance quels départements seraient concernés, puis de savoir à 17 heures la veille qui est concerné par les coupures en renseignant son adresse sur un site Internet d’Enedis et de RTE, qui gèrent le réseau français de transport et de distribution de l’électricité : « L’idée est que personne ne soit surpris », souligne la source gouvernementale.



La production d’électricité nucléaire au plus bas

Selon une autre source proche du dossier, il est demandé aux préfets de présenter des schémas de délestage permettant de réduire à 38 % la consommation dans les zones concernées. La cellule interministérielle de crise travaille sur l’hypothèse que six à dix délestages seront nécessaires sur la période, et des délestages de deux heures touchant six millions de personnes en même temps.

La cellule interministérielle de crise travaille aussi sur un scénario de blackout mais sans y croire. La circulaire vient parachever un travail préparatoire déjà effectué par les préfectures pour mettre à l’abri des coupures les sites critiques : pompiers, gendarmerie, hôpitaux, etc. Quelques sites industriels ont également été placés sur les listes de clients prioritaires, de même que les installations classées disposant de groupes électrogènes qui ont désormais un mois pour en tester leur fonctionnement.

Pour les urgences, il sera recommandé de privilégier le 112. Une cartographie complexe des zones blanches où les antennes téléphoniques relais seraient coupées est en cours de réalisation. La France est exposée à des risques de coupures en particulier en raison d’un niveau de production d’électricité nucléaire au plus bas. La moitié de son parc de réacteurs est indisponible en raison de maintenances programmées mais parfois prolongées, ou de problèmes de corrosion.