Coupures d’électricité : Les numéros d’urgence ne seront pas joignables en cas de « délestage »

Avertissement Avec la crise de l’énergie, la possibilité de « délestages » cet hiver est fréquemment évoquée

20 Minutes avec AFP
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La Première ministre espère toutefois que le numéro d'appel d'urgence européen, le 112, fonctionne car il est accessible quel que soit l'opérateur. (PHOTO D'ILLUSTRATION)
La Première ministre espère toutefois que le numéro d'appel d'urgence européen, le 112, fonctionne car il est accessible quel que soit l'opérateur. (PHOTO D'ILLUSTRATION) — Canva

Le gouvernement le répète depuis des mois : des coupures de courant sont susceptibles de survenir cet hiver. Mais leur impact pourrait s’avérer plus dramatique que prévu. Christel Heydemann, directrice générale d’Orange, a prévenu ce mercredi que le réseau mobile français pourrait subir des coupures qui auront un possible impact sur « l’accès aux services de numéro d’urgence ».

« Il est illusoire d’imaginer qu’en cas de délestage, on saura maintenir un service continu pour l’ensemble des Français. Les services mobiles, s’ils sont éteints dans une zone géographique pendant deux heures, il n’y aura pas d’accès aux services de numéro d’urgence pendant un temps », a-t-elle déclaré lors d’une audition devant la Commission des affaires économiques du Sénat.

« Les usagers ne pourront pas joindre les secours »

Dans une circulaire de la Première ministre Elisabeth Borne, dévoilée par nos confrères d’Europe 1, elle prévient aussi que « l’une des conséquences de l’interruption de la distribution électrique est qu’elle entraînera des interruptions de communications électroniques (téléphonie mobile et fixe) ».

« Dans ces périmètres, les usagers ne pourront pas joindre les services de secours (numéros d’appels d’urgence 15, 17, 18, 115, 196) », écrit la cheffe du gouvernement qui espère toutefois que le numéro d’appel d’urgence européen, le 112, fonctionne car il est accessible quel que soit l’opérateur.

Un « tout dernier recours »

Avec la crise de l’énergie, la possibilité de « délestages » cet hiver est fréquemment évoquée. Il s’agit de coupures ciblées et temporaires de l’approvisionnement destinées à soulager le système en cas de trop fortes tensions, avec un fonctionnement différent pour le gaz et l’électricité, et éviter le « black-out », c’est-à-dire la panne généralisée et incontrôlée, en cas de tensions entre l’offre et la demande.

Cette crainte de coupures a été ravivée après les dernières prévisions de RTE, le gestionnaire du réseau de haute tension, qui a averti mi-novembre d’un risque « élevé » de tensions sur le système électrique en janvier, en raison du redémarrage plus lent que prévu de réacteurs nucléaires d’EDF. Ce n’est qu’en « tout dernier recours » que des « délestages » pourraient être effectués par Enedis à la demande de RTE.

La téléphonie, non prioritaire

« Tours de contrôle » de la sécurité du réseau de distribution, les 28 agences de conduite régionale d’Enedis seraient alors chargées d’activer à distance ces coupures tournantes de deux heures sur tout le territoire. A l’exclusion de quelque 14.000 sites prioritaires déterminés par un arrêté qui remonte au 5 juillet 1990 : défense, production d’électricité, mais aussi hôpitaux, prisons.

« Malheureusement, les réseaux télécoms ne sont pas jugés comme des sites prioritaires », a déploré Christel Heydemann, alors que les téléphones portables sont devenus le moyen principal des Français pour contacter les services de secours et le numéro d’urgence 112.