Haute-Vienne : Un chauffeur de car licencié car il déposait des collégiens devant chez eux

RURALITE Le chauffeur avait notamment pris l’habitude de déposer une collégienne pour lui éviter de parcourir 650 mètres à pied sur une route de campagne sans trottoir, sans marquage et dans le noir

20 Minutes avec AFP
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Un car scolaire (illustration).
Un car scolaire (illustration). — M. Guti

Un chauffeur de car scolaire en Haute-Vienne, qui avait l’habitude de déposer des collégiens devant chez eux pour des raisons de sécurité, a été licencié pour faute grave par son employeur.

Comme l’a révélé le quotidien régional Le Populaire du Centre, la société Europ Voyages, nouveau titulaire du marché public dans le secteur des Billanges, commune de 300 habitants, lui reproche d’avoir pratiqué des arrêts dits « sauvages », différents de ceux prévus sur son parcours, dans cette zone rurale.

« Inconcevable de laisser les enfants prendre des risques »

L’employeur met aussi en cause le comportement du salarié pour expliquer sa décision. « Quand je lui ai demandé de ne plus ramener les enfants chez eux, il m’a insulté. Il n’a pas respecté le lien de subordination », affirme Maxime Trossat, gérant de l’entreprise.

Mais pour le chauffeur comme pour des parents concernés, il en allait de la sécurité des enfants qui auraient eu, sinon, à marcher au bord de routes jugées dangereuses, en particulier de nuit.

« Il était inconcevable de laisser les enfants prendre des risques », a expliqué l’ex-chauffeur, en activité depuis dix-sept ans selon Le Populaire du Centre. « Cela ne me faisait pas changer d’itinéraire. Ces pratiques étaient tolérées par le passé », ajoute celui qui veut saisir les prud’hommes.

La mère d’une collégienne « révoltée » par ce licenciement

« Ma fille, collégienne de 12 ans, devait effectuer 650 mètres dans le noir sur une route communale, sans trottoir ni marquage au sol. Elle devait marcher dans les fossés pour rentrer à la maison », a témoigné Christelle Nozière, habitante des Billanges qui envisage de porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. « On pouvait lui confier [au chauffeur] les enfants les yeux fermés. Licencier quelqu’un pour ça, ça me révolte ».

Dans les colonnes du quotidien régional, le maire de la commune s’étonne de ce licenciement, évoquant « un professionnel sérieux et responsable, lui-même père de famille. S’il a pris des initiatives, c’est dans l’intérêt des enfants. »