Météo : Orange ou rouge, désormais, les annonces de vigilance auront un jour d’avance

INTEMPERIEs Météo-France a mis en ligne lundi une évolution de son système de vigilance qui dorénavant distillera ses avertissements non seulement pour les 24 heures à venir mais aussi pour le lendemain

Hélène Menal
Depuis lundi, la carte de vigilance de Météo France ne se cantonne pas au 24 heures à venir, elle anticipe aussi sur le lendemain. Illustration.
Depuis lundi, la carte de vigilance de Météo France ne se cantonne pas au 24 heures à venir, elle anticipe aussi sur le lendemain. Illustration. — Brigipix
  • Depuis lundi, la fameuse carte de vigilance de Météo-France, qui avertit d’un possible danger, concerne aussi le lendemain.
  • Les cartes des zones exposées aux avalanches et au risque de vagues-submersion sont aussi affinées pour ne pas affoler un département tout entier.
  • En moyenne, le système de vigilance détecte 98 % des événements extrêmes et produit 14 % de fausses alarmes pour des phénomènes qui n’ont finalement pas lieu, ou du moins pas dans le zonage prévu.

Qui n’a pas prévenu un proche ou recalculé mentalement son emploi du temps et ses déplacements en voyant un département virer à l’orange, ou au rouge, sur la fameuse carte de vigilance de Météo-France ? Depuis sa première apparition en 2001, elle a signalé par anticipation plus d’un millier de phénomènes extrêmes. Des orages, des vents violents ou de grosses chutes de neige au départ, puis les canicules et les vagues de froids en 2004. En 2011, les risques de crue et de vagues-submersion sont venus enrichir sa palette. L’idée, dès le départ, et grâce à l’inévitable laïus sur les « comportements à adopter » qui l’accompagne, est non seulement d’avertir le plus largement possible mais aussi et surtout de permettre aux autorités de prépositionner les secours et de s’organiser.

Sauf que jusqu’ici, la fameuse carte – dont les plus angoissés ou férus de prévisions savent qu’elle est traditionnellement mise à jour à 6 heures du matin et à 16 heures – ne distillait ses avertissements que sur « 24 heures glissantes ». Depuis, lundi, elle voit plus loin, « jusqu’au lendemain », indique Véronique Ducrocq, la directrice des prévisions, laissant 24 heures de plus pour anticiper. Ce qui n’est pas un luxe, à l’heure où le réchauffement climatique fait pleuvoir les événements météorologiques extrêmes. Techniquement, sur le site, il faut cliquer sur l’onglet « demain », en haut à droite, pour afficher la carte bonus.

« Ne pas crier au loup »

Ceux qui gardent en mémoire l’épisode funeste des orages du 18 août en Corse, qui n’a fait l’objet d’aucune vigilance anticipée, pourraient être tentés de balayer d’un revers de manche cette évolution. « Cela n’aurait rien changé, précise Véronique Ducrocq. Dans ce cas, nous n’avions pas d’éléments d’anticipation avant la première observation sur le littoral corse de la survenue de cet événement exceptionnel ».



Et d’ordinaire, le système de vigilance est plutôt très fiable. Selon l’évaluation menée par Météo-France, le taux de « détection » des épisodes de canicule et de grand froid est de 100 %. Il oscille entre 97 % et 99 % pour les orages, le verglas et la neige puis tombe à 93 % pour les vents violents, « les plus difficiles à prévoir ». Pour l’année 2021, durant laquelle 66 épisodes de vigilance orange ou rouge ont été activés, le taux de « non-détection » des phénomènes s’établit à 1,7 %. Il y a eu aussi 14 % de « fausses alarmes », de phénomènes annoncés qui n’ont pas eu lieu. Comme cette année les orages qui devaient éclater le soir de la Fête de la musique, entraînant des annulations, et qui sont finalement passés au large. « On a eu des reproches. Mais on ne peut pas y couper. Si on veut avoir une vigilance efficace, il faut accepter de faire des fausses alarmes pour pouvoir gérer un risque qui peut s’avérer problématique. Sinon ; on aurait davantage d’événements manqués », explique Benoît Thomé, directeur régional de Météo-France en Rhône-Alpes. « La difficulté, c’est de ne pas crier au loup. Le plus souvent, les fausses alarmes sont dues à une trop grande extension du zonage de l’événement », précise Véronique Ducrocq.

Des zonages affinés

L’autre évolution des vigilances concerne les risques d’avalanche en montagne ou de vagues-submersion sur les littoraux. Ils conduisaient jusqu’ici à placer l’intégralité des départements en jaune, orange ou rouge alors que seuls des massifs d’altitude ou des bandes côtières étaient concernés. Ce sera toujours le cas sur la carte générique, postée sur Twitter notamment. Mais sur le site, en cliquant sur les départements puis sur les onglets de ces deux phénomènes, le zonage devient plus précis.


Un exemple de zonage affiné. Ici la vigilance jaune avalanches est cantonnée aux massifs d'altitude et ne concerne plus l'ensemble des départements.
Un exemple de zonage affiné. Ici la vigilance jaune avalanches est cantonnée aux massifs d'altitude et ne concerne plus l'ensemble des départements. - Capture d'écran

Des expérimentations sont en cours pour étendre cette résolution plus fine aux zones touchées par du vent violent (mistral, autan et tramontane) ainsi par des phénomènes de neige-verglas ou de pluie-inondation.