Violences gynécologiques : Emile Daraï autorisé à continuer ses consultations publiques à l’hôpital Tenon

Médecine Il ne pourra toutefois pas assurer de consultation privée

X.R. avec AFP
— 
L'AP-HP indique respecter la décision du juge d'instruction, qui a interdit les seules consultations privées du professeur Daraï.
L'AP-HP indique respecter la décision du juge d'instruction, qui a interdit les seules consultations privées du professeur Daraï. — Chang Martin/SIPA

Mis en examen pour « violences volontaires aggravées » sur 32 femmes et placé sous contrôle judiciaire, le gynécologue Emile Daraï va continuer ses consultations publiques à l’hôpital Tenon, à Paris. « L’AP-HP et Sorbonne Université appliqueront strictement les conditions du contrôle judiciaire décidé par le juge d’instruction, seul à connaître de l’ensemble des éléments du dossier d’instruction », a indiqué l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris à France Info. Il ne pourra toutefois pas assurer de consultation privée.

Ce spécialiste de l’endométriose, sexagénaire, ancien chef du service de gynécologique-obstétrique et de médecine de la reproduction à l’hôpital Tenon, a été mis en examen la semaine dernière et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact avec les victimes et de tenir des consultations privées de gynécologie. A la suite d’une première plainte, le parquet de Paris avait ouvert le 28 septembre 2021 une enquête préliminaire pour viol par personne ayant autorité sur mineur de plus de 15 ans, élargie par la suite à viol en réunion.

L’AP-HP reconnaît des dysfonctionnements « collectifs et systémiques »

En décembre 2021, un rapport de l’enquête interne déclenchée par l’AP-HP et Sorbonne Université avait conclu que « l’obligation d’information de ces patientes, le soulagement de leur douleur, le respect de leurs volontés n'(avaient) pas été respectés ». Ce document ajoutait toutefois que « la commission (d’enquête) ne retient aucune connotation sexuelle alors que certains manquements ont été relevés dans le recueil du consentement à certains gestes ». La commission avait estimé en outre que la situation était « le fruit de dysfonctionnements individuels mais aussi collectifs et systémiques ». L’organisation des consultations avait alors été revue par l’AP-HP.



Emile Daraï est depuis définitivement mis en retrait de ses responsabilités de chef de service et de responsable pédagogique. Il continuait toutefois de consulter. Au mois de mai, face à la polémique, le Pr Daraï avait renoncé à intervenir lors d’un congrès de gynécologues, où le collectif féministe Stop aux violences obstétricales et gynécologiques (StopVOG) - à l’origine de la révélation en septembre 2021 des plaintes pour viols visant le praticien - appelait à manifester contre sa présence.