RER métropolitain : A Bordeaux, « on n’a pas attendu » Emmanuel Macron

TRANSPORTS EN COMMUN Le vice-président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine fustige « une méconnaissance de la réalité du terrain » d’Emmanuel Macron, après ses annonces, dimanche, sur le RER métropolitain

Mickaël Bosredon
Train TER en gare de Bordeaux Saint-Jean
Train TER en gare de Bordeaux Saint-Jean — Mickaël Bosredon
  • Emmanuel Macron a annoncé dimanche, vouloir développer « dans dix métropoles françaises un réseau de RER. »
  • Parmi elles, l’agglomération de Bordeaux, qui planche sur ce projet depuis plusieurs années, et qui a même déjà mis en service, partiellement, une ligne entre Libourne et Arcachon.
  • Le vice-président du conseil régional en charge des transports, Renaud Lagrave, y voit une « méconnaissance » du terrain de la part du chef de l’Etat, quand le président de la métropole, Alain Anziani, espère que cette annonce sera synonyme de financement.

Renaud Lagrave, vice-président PS du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine en charge des transports, a failli s’étrangler à l’annonce d’Emmanuel Macron, dimanche, sur la nécessité de réaliser une dizaine de RER métropolitains en France. « Elisabeth Borne avait déjà annoncé en 2018 qu’il fallait des RER en France, heureusement qu’on n’a pas attendu, sinon, on en serait au point zéro du RER métropolitain en Gironde » clame-t-il ce lundi.

Sur les rails depuis 2021 avec l’entrée en service partielle d’une première liaison entre Libourne et Arcachon, le RER Métropolitain de Bordeaux est aujourd’hui le projet le plus avancé au niveau national avec le Réseau express métropolitain européen (REME) de Strasbourg, mis en ligne le 11 décembre. Il doit être équipé d’ici à 2030 de trois lignes pour mieux desservir l’ensemble du territoire girondin.

« Un peu indécent… »

Renaud Lagrave estime que cette annonce du chef de l’État cache « une méconnaissance de la réalité de ce qu’il se passe sur le terrain, ce qui est assez inquiétant. » Sans parler de la question du financement. En Gironde, « on n’a pas vu pour l’instant un investissement massif de l’État dans ce projet. J’aurais préféré que le président de la République annonce une TVA à 5,5 % dans les transports, ou que l’Etat allait reverser une partie du versement mobilité aux régions, de manière à développer plus d’offres. » « D’accord, il faut faire des RER dans les grandes villes de France, mais avec quel argent ?, conclut l’élu régional. Je trouve cela un peu indécent… »

Dans un communiqué, le président de Bordeaux Métropole Alain Anziani (PS) s’est montré plus mesuré, cherchant à saisir la perche tendue par Emmanuel Macron, même s’il rappelle lui aussi que « Bordeaux Métropole n’a pas attendu pour donner une réalité au RER métropolitain ».



« L’annonce du président de la République est naturellement bienvenue, positive Alain Anziani. L’enveloppe globale [pour le RER de Bordeaux] pèse près d’un milliard d’euros avec des surcoûts déjà identifiés, nous pouvons espérer que [cette] annonce permettra un soutien financier supplémentaire. Il est également nécessaire que la SNCF ait les moyens d’agir pour les études et les travaux, avec rapidité et agilité. »