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Fake offNon, le Parquet national financier n’a pas perquisitionné Paris-8

L’université Paris-8 dénonce la diffusion d’un e-mail « diffamatoire »

Fake offUne « perquisition de Paris-8 par la brigade financière » aurait eu lieu le 14 novembre d’après une capture d’écran d’un e-mail qui circule sur les réseaux sociaux. Mais c’est faux
L'entrée de l'université Paris 8, en 2018.
L'entrée de l'université Paris 8, en 2018. - Ludovic MARIN / AFP / AFP
Emilie Jehanno

Emilie Jehanno

L'essentiel

  • Une perquisition de Paris-8 « diligentée par le Parquet national financier » aurait eu lieu le 14 novembre « pour des soupçons de fraude », selon un e-mail partagé sur Twitter par le directeur de la stratégie numérique de Reconquête.
  • Mais l’université Paris-8 nous explique qu’il s’agit en réalité d’une « procédure de contrôle tout à fait ordinaire » de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), concernant le contrôle de la gestion de fonds européens. Le Parquet national financier confirme qu’il n’y a « pas eu de perquisition du PNF ce jour au sein de l’université Paris-8 ».
  • La direction dénonce l’envoi, depuis le 5 octobre, « d’e-mails diffamatoires » en provenance d’un « collectif ». Une plainte a été déposée auprès de la police pour « diffamation ».

Sur Twitter, une capture d’écran d’un e-mail mettant en cause la présidence de l’université Paris-8, à Saint-Denis, a été partagée par Samuel Lafont, directeur de la stratégie numérique de Reconquête, le parti d’Eric Zemmour. Dans cet e-mail est rapportée une « perquisition de Paris-8 par plusieurs officiers de police judiciaire de la brigade financière », qui aurait été « diligentée par le Parquet national financier » (PNF) pour des « soupçons de détournement de fonds publics et de corruption » concernant des fonds européens attribués à la recherche.

Selon cet e-mail, un signalement aurait été effectué auprès de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), qui aurait ouvert une enquête au printemps « en raison d’usage frauduleux de financements ».

« Que se passe-t-il ? », « vous devez réagir », a demandé Samel Lafont à la direction de l’université. En réponse à ses tweets, le compte Twitter Paris-8 a indiqué être victime « de mails anonymes, mensongers et diffamatoires » et l’a prié de ne pas les relayer.

FAKE OFF

Contactée, l’université Paris-8 nous précise qu’une plainte a été déposée auprès de la police pour « diffamation envers particulier par parole, écrit, image ou au moyen de communication par voie électronique ».


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Dans un e-mail envoyé au personnel le 21 novembre 2022, que nous avons pu consulter, la présidence de l’université indique vouloir répondre « au courrier diffamatoire sur la supposée perquisition du Parquet national financier ». Elle explique qu’il s’agit en réalité d’une « procédure de contrôle tout à fait ordinaire » de l’Olaf, concernant le contrôle de la gestion de fonds européens. Cet office fait partie de la Commission européenne, mais est indépendant sur le plan opérationnel. Il est chargé d’enquêter pour détecter les cas de fraudes ou d’irrégularités au détriment du budget de l’UE.

Le PNF confirme ne pas avoir perquisitionné Paris-8 le 14 novembre

Le 14 novembre 2022, deux agents de l’Olaf ont effectué un contrôle, « comme le prévoit la réglementation relative aux financements européens », est-il précisé dans l’e-mail de la direction. En raison des questions de souveraineté territoriale, ces enquêteurs étaient accompagnés de deux officiers de police judiciaire français. Le Parquet national financier, explicitement mentionné dans l’e-mail diffusé sur Twitter, nous a confirmé qu’il n’y avait « pas eu de perquisition du PNF ce jour au sein de l’université Paris-8 ».

L’objectif de cette visite était « d’établir le périmètre du contrôle des fonds européens et la liste des services amenés à produire les pièces justificatives demandées », souligne le courrier. Les enquêteurs sont repartis le mardi après-midi, 15 novembre, précise la direction, et non quatre heures après, comme mentionné dans l’e-mail sur Twitter.

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La présidence dénonce l’envoi depuis le 5 octobre « d’e-mails diffamatoires » en provenance d’un « collectif », « non représentatif des agents de l’université », car non élu. Ce dernier utilise la « désinformation », élabore « des fictions à caractère explicitement calomnieux à partir d’éléments factuels comme la gestion des salles ou un contrôle des services européens pour ensuite les détourner et y insérer des allégations diffamatoires ». Ce collectif « nuit à la réputation et au bon fonctionnement de l’établissement », regrette la direction dans son e-mail.

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