Crise énergétique : Comment faire des économies d’énergie dans une HLM dont on ne contrôle pas le chauffage ?

VOTRE VIE VOTRE AVIS Quand on ne contrôle pas ses dépenses de chauffage, il est difficile de penser sobriété énergétique et maîtrise de son budget. Des lecteurs de 20 Minutes habitant dans une HLM témoignent

L.Gam.
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Une femme tente de régler son chauffage (image d'illustration)
Une femme tente de régler son chauffage (image d'illustration) — Frederic DIDES/SIPA
  • Avec 62 % des consommations énergétiques dédiées au chauffage en moyenne, les habitants en HLM ou dans des immeubles équipés d’un chauffage collectif font face à une explosion des prix sans pouvoir rien maîtriser de leur consommation.
  • Pour 20 Minutes, des lecteurs témoignent d’une situation de plus en plus ubuesque. « Notre bailleur a presque doublé les charges chauffage depuis août, et pourtant aujourd’hui, il ne fait que 18 degrés dans l’appartement. »
  • Pour l’écologie et pour leur porte-monnaie, certains partagent leurs astuces pour faire rimer sobriété énergétique avec économies et bien-être.

Faire des économies d’énergie, c’est le credo du moment pour à la fois lutter contre le réchauffement climatique, combattre l’inflation galopante et éviter de consommer des ressources de plus en plus restreintes. Mais dans les HLM ou dans certaines copropriétés, comment s’organise-t-on quand le chauffage est collectif, et alors que ce poste représente 62 % des consommations énergétiques dans l’habitat ?

Car si depuis la loi de 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte, l’individualisation des frais de chauffage est une obligation, il reste de nombreuses copropriétés qui n’ont pas franchi le pas. Pourtant, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) rappelle dans une étude de 2021 qu’en moyenne, rendre à chaque foyer sa maîtrise du chauffage entraîne une diminution de la consommation d’énergie de 17 %. Des lecteurs de 20 Minutes logés dans des habitations avec du chauffage collectif témoignent.

La question des robinets thermostatiques sur les radiateurs

Céline, habitante d’une « copropriété non HLM où le chauffage est collectif », raconte que dès l’hiver dernier, la sensibilisation à la hausse des prix du gaz a été faite auprès des habitants. « La chaudière a aussi été bloquée à 19 degrés », égrène-t-elle en regrettant l’impossibilité technique d’apposer des compteurs individuels sur le système de chauffage du bâtiment.



« Locataire en HLM avec chauffage collectif », Daniel de son côté se sent impuissant car il n’a « aucun contrôle sur ses radiateurs qui n’ont même pas de robinets thermostatiques pour régler leur température ». Ce que déplore aussi Marie, qui dans sa copropriété, « si on a le malheur de fermer un radiateur, cela met en défaut tout l’immeuble ». Un « vrai retard du bailleur en termes d’impact écologique », ajoute-t-elle.

Payer plus pour chauffer moins

Florence, locataire d’une HLM, considère que le problème s’est accéléré cette année. « Notre bailleur a presque doublé les charges chauffage depuis août, et pourtant aujourd’hui, il ne fait que 18 degrés dans l’appartement. » Comment penser à faire des économies d’énergie alors que les habitants subissent déjà une baisse de la température à l’intérieur de leur logement et dans le même temps une explosion des prix ?

Emmanuelle Cosse, ex-ministre du Logement et désormais directrice de l’USH, l’Union sociale pour l’habitat, alerte sans relâche. « Locataires du parc social et organismes HLM partagent une même angoisse, celle de ne pouvoir faire face au défi économique et social que constitue la hausse brutale du montant des charges. »



Alors dans ces cas-là, difficile pour les habitants de penser économies d’énergie et tips pour la planète. Jocelyne, qui relève pour son logement avec chauffage collectif, un « rappel sur le chauffage ainsi qu’une augmentation mensuelle sur ce poste de 85 à 115 euros », explique qu’elle ne chauffe jamais les chambres, tant pour économiser que parce que « dormir au frais est tellement plus sain ». Elle a tout de même investi dans « des couettes en duvet et des housses en flanelle pour les jours très froids ».

De profondes transformations nécessaires

Nombre d’entre eux dénoncent donc des hausses importantes des frais de chauffage sans pouvoir déroger à leur paiement. Glitch, l’un de nos lecteurs, nous glisse : « On bouche les VMC et les aérations des fenêtres, on garde les volets fermés. » Pourtant cette astuce est loin d’être une bonne idée : l’air ne peut ainsi plus circuler dans la pièce et empêche donc d’évacuer odeurs et polluants, pour préserver santé et bien-être.

Et si comme Jocelyne, vous trouvez « rageant de payer pour tout le monde, même ceux qui gardent la fenêtre grande ouverte ou sont en tee-shirt parce qu’il fait trop chaud chez eux », DoDeDo propose une alternative. Pour lui, « la bonne solution, c’est d’assurer une chaleur de base, par exemple à 17 degrés, et qu’ensuite, chacun ajuste avec une consommation personnelle ». « Mais les bailleurs peuvent-ils investir ? Revoir l’isolation du toit ? Installer des panneaux solaires ? », se demande encore Jocelyne. Et si finalement la solution n’était pas de supprimer l’exonération de l’individualisation des frais de chauffage ? Car la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte d’août 2015 qui transposait une directive européenne permet toujours, lorsque la mesure n’est pas rentable ou impossible pour des raisons techniques, d’éviter à certains de passer à travers les mailles d’un filet thermique de plus en plus coûteux sur tous les plans.