Sécurité à Nantes : Malgré la série noire, des résultats « encourageants » depuis la rentrée

DELINQUANCE Le bilan chiffré des deux derniers mois révèle une diminution des atteintes aux biens et aux personnes dans l’agglomération nantaise. Une tendance qui mérite toutefois d'être confirmée sur un temps plus long

F.B.
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Des CRS patrouillent dans le centre-ville de Nantes, le 29 septembre 2022.
Des CRS patrouillent dans le centre-ville de Nantes, le 29 septembre 2022. — S. Salom-Gomis/Sipa
  • Sur les mois de septembre et octobre 2022, les violences physiques seraient en baisse par rapport à 2021, selon l’Etat.
  • Il en serait de même pour les atteintes aux biens, notamment les cambriolages.
  • Des policiers supplémentaires étaient opérationnels à la rentrée. Une unité de CRS est aussi arrivée fin septembre.

Un peu plus d’un mois après la médiatique série de violences (homicides, viol, fusillade, policier renversé…) qui a secoué l’agglomération nantaise, les autorités étaient réunies lundi soir à la préfecture de Loire-Atlantique à l’occasion du comité de pilotage du contrat de sécurité intégrée signé entre la municipalité et l’Etat. L’occasion pour les acteurs de faire le point sur les tout derniers chiffres de la délinquance. « Un certain nombre de drames ont pu émouvoir l’opinion », reconnaît d’emblée le préfet, Didier Martin. Le bilan dévoilé pour les mois de septembre et d’octobre révèle, pourtant, une « significative amélioration de la situation ».

Si les violences physiques aux personnes ont augmenté de 5,7 % sur l’ensemble du département par rapport aux mêmes mois de 2021, elles sont en baisse de 2,1 % dans l’agglomération nantaise et de 1,6 % sur la ville de Nantes. Des résultats « plutôt encourageants » qui cachent des disparités : les violences sur la voie publique diminuent fortement (-27 % dans l’agglomération), tandis que les violences intrafamiliales augmentent (+7,5 % dans l’agglomération). Même tendance plutôt positive du côté des atteintes aux biens (vols, cambriolages). Celles-ci régressent en septembre et en octobre de 4,9 % en Loire-Atlantique, de 14 % dans l’agglomération nantaise et de 18,5 % à Nantes, par rapport à 2021.

L’effet des effectifs supplémentaires ?

Pour la préfecture comme pour la ville de Nantes, ce constat s’expliquerait par la « forte mobilisation » des services de police et de gendarmerie, mais aussi par la création de moyens supplémentaires. Quelque 70 policiers nationaux, affectés principalement sur la voie publique, sont en effet progressivement arrivés jusqu’à septembre. Un renfort doublé, depuis fin septembre, par la mise sur le terrain d’une unité de CRS d’environ 70 agents. « Ils participent à l’amélioration des résultats », se félicite Didier Martin. « Les engagements sont tenus. Les Nantais disent qu’ils voient plus de présence, plus d’autorité, sur la voie publique. C’est rassurant », estime Johanna Rolland (PS), maire de Nantes, laquelle n’oublie pas de souligner que le volume d’interventions de la police municipale a augmenté lui aussi.

Difficile toutefois de tirer beaucoup de conclusions sur une photographie de deux mois. Le bilan annuel de la sécurité, communiqué au plus tôt fin janvier prochain, permettra de savoir si cette impression d’embellie se confirme ou non sur un temps plus long. « Cette bataille collective, elle s’engage dans la durée », insiste Johanna Rolland.

Quant à l’activité judiciaire, présentée, elle, sur les dix mois écoulés de l’année 2022, elle s’affiche en « très forte » croissance. Les présentations au parquet à l’issue de garde à vue sont supérieures de 30 % à 2021, de même que les mandats de dépôt. Une hausse justifiée par une « sélection » plus fine des dossiers à traiter en priorité, justifie Renaud Gaudeul, le procureur de Nantes.