Parrains ou marraines, « ils sont comme de seconds parents » ou « ont eu le rôle de fantôme »…

votre vie votre avis Nos lecteurs témoignent sur le rôle que ces adultes, censés être des référents, ont eu dans leur vie…

Delphine Bancaud
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Choisis par les parents, la marraine et le parrain sont souvent un membre de la famille ou un ami proche.
Choisis par les parents, la marraine et le parrain sont souvent un membre de la famille ou un ami proche. — Canva
  • Ce dimanche a lieu la fête des marraines et des parrains. L’occasion pour nos lecteurs de rendre hommage à ces guides, confidents, référents dans leur vie.
  • Une relation souvent forte dans l’enfance, et qui s’est parfois encore renforcée à l’âge adulte.
  • Mais tous les filleuls ne sont pas chanceux. Car les parents se sont parfois bien trompés dans leur choix des heureux élus.

Les parents leur confient la prunelle de leurs yeux. La marraine et le parrain sont censés être des référents pour leur filleul et l’accompagner dans les étapes importantes de son existence. Choisis par les parents, ils sont souvent un membre de la famille ou un ami proche, qui va être sollicité dans la perspective d’un baptême religieux ou dans un cadre complètement laïc. Et ce dimanche a lieu la fête des marraines et des parrains, certes à visée commerciale, mais qui est aussi l’occasion pour les filleuls de témoigner leur affection à ces guides dans leur vie.

Car pour beaucoup d’entre eux, ces tuteurs ont eu une place importante, surtout dans leur enfance. Comme en témoigne Chloé, qui a répondu à notre appel à témoins : « Ma marraine a été très présente et me gâtait beaucoup (loisirs, câlins, cadeaux). Une relation que je n’avais pas forcément avec mes parents. » David a aussi bénéficié de ce soutien fort lorsqu’il était petit : « Mon parrain et ma marraine ont contribué à mon éducation, ils sont pour moi comme de seconds parents. » Ludivine, 25 ans, se souvient aussi avec émotion de tous les moments qu’elle a vécus enfant avec sa marraine : « Je prenais l’avion tous les étés pour aller passer des vacances chez elle, dès l’âge de 6 ans. Elle m’a fait découvrir plein de choses : sa région, des lieux et des activités importantes pour elle. Et comment ne pas évoquer ses nombreux appels téléphoniques et de toutes ses attentions et petits mots pour mon anniversaire et Noël ? »

« Je peux tout lui dire sans qu’elle le répète »

Quant à Tiffany, elle souligne le rôle d’intermédiaire que jouent les parrains et marraines : « Dans notre famille, ils sont très importants pour alerter les parents sur différents problèmes que peut rencontrer l’enfant à l’école et avec des camarades. Ou les aider à comprendre ses envies, ses peurs et ses complexes. Car l’enfant se confie à ces adultes plus facilement qu’à ses parents ». A l’adolescence aussi, ces adultes peuvent aussi être des alliés, comme c’est le cas pour Tiphaine, 16 ans : « Ma marraine m’a beaucoup aidée quand ça n’allait pas. Quand c’était la guerre à la maison avec les parents, elle me prenait toujours chez elle. Je peux tout lui dire sans qu’elle le répète à tout le monde. On va à Paris ensemble, on regarde les étoiles et on fait plein d’autres choses super cool ».

Dans certains cas, la marraine et le parrain font même office de substitut parental. Une situation dont témoigne pour Andréa, dont le parrain a joué central : « Il a remplacé mon père absent. J’espère qu’il sera toujours là pour me mener à l’autel, si j’ai le bonheur de me marier un jour. » Pour Yveline, c’est sa marraine qui lui a donné l’amour dont elle avait besoin : « Je l’ai aimée comme une mère. D’autant que la mienne ne m’aimait pas et m’a maltraitée. Et que mon père est décédé quand j’avais un mois. Ma marraine m’a guidée pour que je puisse vivre une vie saine. »

« On fait même encore des soirées pyjamas ! »

Puis à l’âge adulte, certains ont su conserver des relations très proches. C’est le cas de Ludivine : « Nous essayons de nous voir au moins une ou deux fois par an. Ma marraine et mon parrain ont également tous les deux fait le déplacement cet été pour venir voir notre nouvelle maison. Et nous nous appelons très régulièrement. En ce moment, ils suivent de très près la grossesse, via des photos et vidéos. » Andréa aussi a toujours pu compter sur sa marraine : « Elle a été présente dans toutes les grosses étapes de ma vie. Mes parents n’auraient pas pu choisir mieux. »

Parfois même, les liens gagnent en intensité avec le temps, comme en témoigne Chloé : « La relation avec ma marraine s’est renforcée. Maintenant que je suis adulte, nous sommes encore plus complices et elle est devenue ma confidente. Nous essayons de nous voir une fois tous les deux mois autour d’un café, d’une balade… On fait même encore des soirées pyjamas ! » Et c’est en cas de coups durs que certains parrains et marraines montrent qu’ils sont de vrais alliés : « Au décès de mon père, il y a quelques années, mon parrain s’est montré très présent, puis il a fait un peu le tampon entre ma mère et moi à une époque compliquée pour nous deux », témoigne ainsi Ophélie.

« Le fait que je sois athée et de gauche a fait qu’elle a coupé les ponts »

Mais tous les filleuls ne sont pas chanceux. Car les parents se sont parfois bien trompés dans leur choix des heureux élus. Dans la plupart des cas, parce que ces derniers n’ont pas vraiment pris leur mission à bras-le-corps… « Ils ont eu le rôle de fantôme » , résume Laetitia. Idem pour Charlie : « J’ai un parrain et une marraine que j’ai vus à mon baptême lorsque je devais avoir six mois, je ne les ai plus jamais revus. Je ne suis pas marraine, mais si un jour ce rôle m’était confié, je le prendrai très à cœur, car on ne confie pas son enfant à n’importe qui ! », estime-t-elle.

Parfois les liens se sont distendus avec le temps, comme pour Céline : « Mon parrain n’a plus aucun lien avec moi et c’est très bien ainsi. Quant à ma marraine, je n’ai que très peu de contacts. A choisir, j’aurais préféré ne pas être baptisée bébé et pouvoir choisir mon parrain et ma marraine, pour que cela serve à quelque chose. » La marraine de Laura, qui jouait bien son rôle quand elle était enfant, a pris ses distances ensuite : « Le fait que je sois athée et de gauche a fait qu’elle a coupé les ponts. Je trouve que ce n’était pas un choix très judicieux de la part de mes parents, car elle ne partage aucune valeur commune avec l’éducation qu’ils m’ont donnée. » Une erreur qu’elle essaiera de ne pas commettre avec ses propres enfants !