Saint-Malo : Le cargo russe toujours immobilisé dans le port, la région craint son abandon

IMBROGLIO Dans le cadre du gel des avoirs russes, le cargo « Vladimir Latyshev » est immobilisé depuis le 2 mars dans le port

Jérôme Gicquel
Le cargo russe Vladimir Latyshev est immobilisé depuis le 2 mars dans le port de Saint-Malo.
Le cargo russe Vladimir Latyshev est immobilisé depuis le 2 mars dans le port de Saint-Malo. — Damien Meyer / AFP
  • Aucune solution n’a encore été trouvée pour le « Vladimir Latyshev », un cargo russe immobilisé depuis début mars dans le port de Saint-Malo.
  • L’imposant navire de 141 mètres de long va donc côtoyer ces prochains jours les bateaux qui prendront le départ de la Route du Rhum le 6 novembre.
  • Si la situation perdure, la région Bretagne craint que l’armateur n’abandonne son cargo.

Son avenir n’est toujours pas tranché. Cela fait maintenant plus de sept mois que le cargo russe Vladimir Latyshev occupe une grande partie du quai du bassin Jacques-Cartier dans le port de Saint-Malo. Alors qu’il venait livrer une cargaison de magnésie pour une filiale du groupe Roullier début mars, l’immobilisation de cet imposant navire de 141 mètres de long avait été décidée à la demande des douanes dans le cadre du gel des avoirs russes instauré après l’invasion de l’Ukraine. Il n’a depuis pas repris la mer, ce qui agace fortement la région Bretagne, propriétaire du port de Saint-Malo.

Pour trouver une solution, la collectivité avait écrit début septembre au préfet pour lui demander que le cargo soit déplacé dans un port d’État ou militaire. En vain pour l’instant. Résultat, le Vladimir Latyshev sera toujours à quai pour le départ de la Route du Rhum le 6 novembre et côtoiera donc dans le port les 138 bateaux engagés dans la course. « On avait demandé qu’une solution soit trouvée avant le départ mais il est toujours là », déplore Stéphane Perrin, vice-président de la région Bretagne et élu référent du port de Saint-Malo.

« Un risque en termes de sécurité » en cas d’abandon

A bord, les six marins et le commandant doivent également trouver le temps long, même s’ils continuent d’assurer la maintenance du navire. « Le bateau est toujours ravitaillé et les frais portuaires réglés, assure Stéphane Perrin. Mais je crains que l’armateur se lasse de cette situation et abandonne son navire. On se retrouverait alors avec ce cargo ventouse sur les bras avec un vrai risque en termes de sécurité. »

Dans cet imbroglio, la balle est désormais dans le camp des autorités, qui vont devoir trouver un nouveau point de chute à ce navire russe bien encombrant. Interrogé sur ce dossier le 12 septembre, le préfet de région Emmanuel Berthier avait assuré être « en lien avec l’administration centrale » pour voir comment régler cette situation.


Un scénario similaire s’était déjà produit dans le Nord cet été. Bloqué depuis le 26 février dans le port de Boulogne-sur-Mer, le cargo russe Baltic Leader avait été déplacé début août dans le grand port maritime de Dunkerque.