Santé mentale : Au Facettes Festival, un atelier sur la sexualité « pour pouvoir parler en toute tranquillité »

SEXUALITE « 20 Minutes » a assisté à un atelier sur la sexualité lors du Facettes Festival, premier festival sur la santé mentale conçu par et pour les jeunes

Lise Abou Mansour
— 
L'atelier "sexualité" au Facettes Festival, le 15 octobre, à Paris.
L'atelier "sexualité" au Facettes Festival, le 15 octobre, à Paris. — Thomas Cantaloup
  • Au Facettes Festival, premier festival sur la santé mentale conçu par et pour les jeunes, « ce qui se passe ici reste ici ». Ou presque. 20 Minutes a assisté à un atelier sur la sexualité.
  • Prévention, consentement, rapports intimes sous psychotropes, etc., de nombreux pans de la sexualité ont été abordés. Tout en rappelant qu'« au cours de notre vie, nous avons plusieurs sexualités, pas une seule ».
  • « Il existe des troubles psychiques dont le traitement peut altérer la libido », explique à l’assemblée Claire Versini, psychomotricienne en formation de sexologie.

A mesure que les silhouettes franchissent le pas de la porte, les trois intervenantes de l’atelier ajoutent des chaises dans la salle. Une quarantaine de jeunes femmes et jeunes hommes, venus seuls, entre amis ou en fratrie, sont assis les uns à côté des autres. 13h30, l’atelier commence. Deux mères accompagnant leur fille sont priées de sortir. « Le but, c’est de pouvoir parler en toute tranquillité », prévient d’emblée Sandie Boulanger, sexothérapeute et somato-thérapeute, l’une des trois intervenantes de l’échange. « Ce qui se passe ici reste ici. »

Parmi les jeunes présents, certains souffrent de pathologies mentales, mais pas tous. D’autres ont participé pendant près d’un an à l’organisation du Facettes Festival, premier festival sur la santé mentale conçu par et pour les jeunes, au sein duquel a lieu cet atelier. « Dans l’organisation, on avait des personnes avec des troubles qui sont rétablies, d’autres qui sont dans le dur, certaines pas diagnostiquées ou d’autres qui vont très bien et qui trouvent que c’est cool d’avoir des outils pour aller bien », explique Clémence Monvoisin, organisatrice du Facettes Festival.

Déconstruire le schéma performatif de la sexualité

Si les thèmes de la maladie ne seront jamais abordés lors de l’atelier, c’est parce que les organisateurs « n’ont jamais parlé de leur dépression, de leur schizophrénie ou de leur bipolarité. Ils parlaient de tout ce qui fait que leur vie de jeunes adultes est une vie de jeune adulte. » Parmi ces sujets : relations sociales, études mais aussi… sexualité. D’où l’atelier d’aujourd’hui.



« Il existe des troubles psychiques dont le traitement peut altérer la libido », explique à l’assemblée Claire Versini, psychomotricienne en formation de sexologie qui intervient également auprès de personnes présentant des difficultés ou des troubles psychiques. Les trois professionnels souhaitent déconstruire le schéma performatif de la sexualité pour que chacun découvre ses envies et apprenne à s’écouter. « Au cours de notre vie, nous avons plusieurs sexualités, pas une seule », ajoute Sandie Boulanger. « On peut ne pas avoir du tout envie de faire l’amour, par exemple quand on ne va pas bien. » Une jeune femme acquiesce de la tête.

Prévenir sans diaboliser

Les intervenantes n’en oublient pas pour autant la prévention. Des dizaines de préservatifs masculins et féminins sont posés sur la table, à l’entrée de la salle, « pour vous ou pour vos potes, on s’en fiche ». Après avoir abordé le sujet des maladies sexuellement transmisibles, vient la question des rapports intimes sous psychotropes. « Certaines personnes utilisent des produits chimiques pour se désinhiber pour avoir une relation sexuelle. Mais dans les psychotropes, il y a une partie addictive, et puis… ce n’est pas vraiment vous qui avez une relation sexuelle mais plutôt un avatar de vous-même », prévient la sexothérapeute.

Un jeune homme concerné intervient. Ils échangent et s’écoutent mais il est déjà 14h30 et l’atelier doit prendre fin. Trois bénévoles de l’association Eqtas. e – Éducation par et pour les queer et les troublé-es à propos des addictions et des sexualités de manière éphémère –, préviennent qu’ils seront là tout le week-end pour écouter les personnes qui rencontrent des difficultés et se posent des questions. Et c’est là tout le but du Facettes Festival.