Pénurie de carburant : Alors que la grève se poursuit chez TotalEnergies, Borne demande « de ne pas bloquer le pays »

MOUVEMENT SOCIAL Brandissant la menace de nouvelles « réquisitions », la Première ministre a demandé, sur TF1, « de respecter l’accord majoritaire »

20 Minutes avec AFP
Une station sans essence à Paris le 15 octobre 2022.
Une station sans essence à Paris le 15 octobre 2022. — AFP

Alors que vont commencer les premiers départs en vacances vendredi, la grève se poursuit ce lundi dans les raffineries et dépôts de TotalEnergies. Les menaces de nouvelles réquisitions au début d’une semaine à haut risque marquée par un mouvement interprofessionnel mardi n’ont donc pour l’instant pas vraiment changé la donne à la pompe.

La pénurie de carburant ne semblait pas se résorber dimanche, les chiffres diffusés dans la soirée montrant une aggravation de la situation des stations-service : 30,1 % étaient considérées en difficulté contre 27,3 % la veille, du fait de livraisons moins nombreuses en week-end, selon le gouvernement.

Situation très tendue en Ile-de-France

Dans la région de Lille, 23,4 % des stations manquaient d’au moins un de leurs produits contre 22 % samedi. Ce taux était bien plus élevé et en hausse en Ile-de-France (41,6 % contre 39,9 %) et en Centre-Val-de-Loire (42,8 % contre 36,4 %). La situation était également tendue en Bourgogne Franche-Comté et en Auvergne-Rhône-Alpes.


Difficultés à se rendre au travail, inquiétude en zones rurales en pleine période de récoltes et semis, crainte de perturbations dans les départs en vacances et d’annulations : les conséquences sur de nombreux secteurs d’activité se font sentir. Face à ce blocage après près de trois semaines de grève, la Première ministre Elisabeth Borne a brandi la menace de nouvelles « réquisitions » de salariés en cas de « situations très tendues ».

Le Medef veut des réquisitions

Sur le plateau du journal télévisé du 20H sur TF1, elle a haussé le ton en demandant aux salariés grévistes de TotalEnergies « de respecter l’accord majoritaire et de ne pas bloquer le pays avec toutes les difficultés que cela crée ». Avant elle, c’est Gabriel Attal, ministre des Comptes publics, qui était monté au créneau dans la matinée en jugeant « inacceptable qu’il y ait la poursuite de blocages ».

Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui était interviewé sur Radio J, a pour sa part réclamé des réquisitions, estimant que « les 150 personnes des raffineries prennent les Français en otages ». Selon le patron des patrons, une semaine de pénurie supplémentaire, « ça risque vraiment d’avoir un impact sur l’économie ».

La ristourne à la pompe prolongée

Actuellement, les grèves concernent trois raffineries (sur sept) et cinq gros dépôts (sur environ 200) et sont plus ou moins suivies selon les sites de TotalEnergies, selon le gouvernement. Il s’agit de ceux de Normandie (raffinerie et dépôt), Donges (raffinerie et dépôt), La Mède (bioraffinerie et dépôt), Flandres (dépôt) et Feyzin (dépôt, la raffinerie étant à l’arrêt pour raison technique). Seul un dépôt de TotalEnergies, celui de Flandres près de Dunkerque, a fait l’objet d’une réquisition lancée jeudi par le gouvernement.

En outre, alors que la grève a fait drastiquement monter les prix à la pompe, la Première ministre a annoncé la prolongation de la ristourne de 30 centimes, assurant que TotalEnergies allait « également » prolonger sa remise de 20 centimes. L’aide financée par l’Etat devait baisser à 10 centimes à partir du 1er novembre.