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MOBILISATIONUn appel à une journée de grève interprofessionnelle mardi

Un appel à une journée de grève interprofessionnelle mardi

MOBILISATIONLa CGT, FO, Solidaires, la FSU ainsi que des mouvements lycéens et étudiants appellent à manifester pour « les salaires et la défense du droit de grève », après la décision du gouvernement de réquisitionner des salariés de l’industrie pétrolière
Le dirigeant syndical CGT Philippe Martinez, avec des travailleurs en grève à la raffinerie de Gravenchon Port-Jérôme, propriété du géant américain Esso-ExxonMobil, à Port-Jérôme, dans le nord de la France, le 12 octobre 2022.
Le dirigeant syndical CGT Philippe Martinez, avec des travailleurs en grève à la raffinerie de Gravenchon Port-Jérôme, propriété du géant américain Esso-ExxonMobil, à Port-Jérôme, dans le nord de la France, le 12 octobre 2022. - Lou BENOIST / AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Face aux réquisitions dégainées par le gouvernement pour contrer la grève dans l’industrie pétrolière, la CGT a décidé jeudi, avec FO, Solidaires, FSU ainsi que des mouvements de jeunesse, d’organiser une journée de « mobilisation et grève » interprofessionnelle mardi, en dépit du mécontentement d’une partie de l’opinion.

Cette journée d’action « pour l’augmentation des salaires et la défense du droit de grève », concernera « les raffineries, l’agroalimentaire, les crèches, les transports publics, l’énergie et le nucléaire, (…) l’éducation, la santé, le commerce… », a énuméré Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT à l’issue d’une rencontre intersyndicale au siège de la centrale à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

L’appel à la mobilisation est aussi signé par les organisations de jeunesse Fidl, le MNL, l’Unef et la Vie lycéenne. L’Unsa et la CFE-CGC, qui ont participé à l’intersyndicale, n’ont pas souhaité le signer, selon Catherine Perret. Les signataires estiment qu'« une limite a été franchie par le gouvernement », avec l’annonce de réquisitions des salariés des raffineries et dépôts par les préfectures.

Un « détonateur »

Anticipant cette annonce des centrales, des syndicats de l’éducation, des cheminots, du nucléaire ou de la fonction publique avaient annoncé dans la journée qu’ils prendraient part à ce mouvement. Les lycées professionnels étaient déjà appelés à un mouvement contre la réforme qui les concerne.

« Le fait de réquisitionner, ça a mis le feu aux poudres », a accusé le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez sur BFMTV jeudi matin. Ça a été un « détonateur », corrobore Simon Duteil de Solidaires. Ces réquisitions ont été « l’élément déclencheur » qui a convaincu Force ouvrière de rejoindre l’intersyndicale, a abondé également la représentante de FO, Patricia Drevon.



Interrogé mercredi soir sur France 2, Emmanuel Macron a répété que l’État n’hésiterait pas à utiliser cette arme des réquisitions pour permettre la distribution de carburants. Menace mise à exécution jeudi dans un dépôt pétrolier TotalEnergies situé près de Dunkerque, après le dépôt Esso-ExxonMobil de Notre-Dame-de-Gravenchon mercredi.

Une « escalade » du conflit

Interrogé jeudi matin sur France Inter, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a condamné ces réquisitions, qui nourrissent selon lui une « escalade » dans le conflit. La CFDT ne se joindra pour autant pas aux manifestants mardi. « L’appel à la grève, ça change quoi à la fin ? Ça ne change rien », a-t-il déclaré. La CFDT et la CFTC avaient déjà pris leurs distances avec le mouvement dans les raffineries ce week-end, se désolidarisant des grèves chez TotalEnergies, qualifiées de « préventives ».

Des responsables syndicaux « réformistes » mettent en exergue sous couvert d’anonymat les enjeux internes qui sous-tendent le conflit, la Fédération de la chimie, opposée à la ligne de Philippe Martinez, ayant à cœur selon eux de marquer des points auprès des militants à quelques mois du Congrès de la CGT, programmé en 2023.

« Ce mouvement a été piloté par les travailleurs. Je rêverais qu’il y ait un bouton où on appuie pour déclencher les grèves », balaye Amar Lagha, de la CGT Commerces. Si la centrale de Montreuil n’a ni déclenché ni peut-être vu venir l’ampleur de la contestation, elle est bien décidée désormais à s’en servir comme tremplin.

Manifestation « contre la vie chère »

« On va accélérer notre processus de mobilisation », dit Céline Verzeletti, secrétaire confédérale du syndicat. De nombreux militants syndicaux seront comme elle présents à la manifestation « contre la vie chère » organisée par la Nupes dimanche, avant peut-être l’organisation d’une journée commune des partis de gauche et des syndicats, plus tard.

La CGT ne craint-elle pas avec ces grèves et manifestations de se mettre à dos les Français, pour beaucoup excédés des difficultés à faire le plein ? « Bien sûr que quand on fait une heure de queue à la station-service on est énervé. Mais la question du partage des richesses est dans la tête de tout le monde », répond Céline Verzeletti.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, une courte majorité de Français approuvent la mobilisation des salariés de TotalEnergies et ExxonMobil (42 % approuvent, 40 % désapprouvent, 18 % y sont indifférents). Pour le politologue Dominique Andolfatto, la CGT « sait qu’elle clive ». Mais elle « fait sans doute le calcul que c’est plutôt positif pour elle », notamment « vis-à-vis de sa base et des soutiens ».

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