Menacée par des caïds de Nantes, une magistrate demande une protection

Enquête Une magistrate de Rennes a sollicité une protection rapprochée après la libération de plusieurs hommes qui l’avaient menacée

C.A.
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La cité judiciaire où siège la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes.
La cité judiciaire où siège la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

Ils sont tous les trois très connus de l’institution judiciaire. Considérés comme des membres du grand banditisme de Nantes, les trois hommes ont tous proféré des menaces à l’encontre de la juge d’instruction qui pilote l’enquête au sein de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes. Cette unité spécialisée a été saisie pour enquêter sur les fusillades qui avaient frappé Nantes en 2019. Deux bars à chicha, le Copacabana et le Moonlight, avaient été visés par des tirs. Dans le second établissement, un homme de 24 ans avait été tué « par erreur ». Soupçonnés d’être impliqués, les trois individus avaient été placés en détention provisoire. C’est lors de leurs auditions qu’ils avaient menacé la juge d’instruction. Le problème, c’est qu’en six mois, les trois hommes ont été libérés, notamment en raison d’erreurs commises par l’institution judiciaire.

Dans son édition du mardi 11 octobre, le journal Le Monde rapporte que la magistrate rennaise a sollicité une protection rapprochée face aux menaces proférées par les suspects soupçonnés d’assassinat sur fond de trafic de stupéfiants. « L’affaire est prise très au sérieux », assure le ministère de la Justice. Saisie par la cour d’appel de Rennes le 27 juillet, la direction des services judiciaires a contacté le ministère de l’Intérieur, qui a confié la mission de protection à la Direction départementale de la sécurité publique d’Ille-et-Vilaine. Dès le début du mois de septembre, la magistrate a fait l’objet de mesures de protection. Mais pas d’une protection rapprochée comme elle l’aurait espéré.

L’un des suspects a disparu

Le syndicat de la magistrature a écrit à la chancellerie pour dénoncer cette situation. Mais il semblerait que seul le ministère de l’Intérieur puisse offrir une telle protection, souvent requise dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. D’après Le Monde, le suspect le plus virulent et le plus menaçant a été libéré fin août. Placé sous bracelet électronique, il s’en est débarrassé et a disparu depuis le 9 octobre. Une situation qui pourrait donner lieu à un « réexamen de la menace et une adaptation du dispositif de protection », précise la Chancellerie.