Pénurie de carburant : Face aux grèves, TotalEnergies et Esso-ExxonMobil prêts à négocier

pompe Dimanche, 29,7 % des stations-service en France manquaient d’au moins un carburant (contre 21 % samedi), a indiqué le ministère de la Transition énergétique

20 Minutes avec AFP
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Pénurie d'essence dans les stations Total et Esso, à Issy les Moulineaux le 9 octobre 2022.
Pénurie d'essence dans les stations Total et Esso, à Issy les Moulineaux le 9 octobre 2022. — Jacques Witt/SIPA

Automobilistes à cran, pressions politiques… TotalEnergies a proposé dimanche d’avancer à octobre ses négociations annuelles sur les salaires, répondant à la main tendue de la CGT, à condition que les blocages prennent fin dans les raffineries et dépôts de carburants, tandis qu’Esso-ExxonMobil compte réunir les syndicats lundi. A 15h dimanche, 29,7 % des stations-service en France manquaient d’au moins un carburant (contre 21 % samedi), a indiqué le ministère de la Transition énergétique.

Chez TotalEnergies, les négociations dès octobre au lieu de novembre « permettront de définir comment les salariés pourront bénéficier, avant la fin de l’année, des résultats exceptionnels générés par TotalEnergies, tout en prenant aussi en compte l’inflation de l’année 2022 », assure le groupe, qui gère près du tiers des stations-service en France.

La CGT réclame 10 % d’augmentation

Depuis le début du mouvement il y a une dizaine de jours, la CGT réclame 10 % d’augmentation sur les salaires – 7 % pour l’inflation, 3 % pour le partage de la richesse – le géant de l’énergie ayant engrangé 10,6 milliards de dollars de bénéfice au premier semestre 2022.

« Nous allons étudier de près les propositions et nous réunir demain matin avec les différents sites pour décider de la suite du mouvement », a réagi auprès de l’AFP Eric Sellini, coordinateur CGT chez TotalEnergies, regrettant que la direction n’ait pas eu d’échange direct avec le syndicat. La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, s’est félicitée de l’annonce de TotalEnergies, estimant que le conflit devait « cesser ».

Discussions sur les salaires

De son côté, la direction d’Esso-ExxonMobil en France a annoncé dimanche soir dans un communiqué son intention de réunir lundi « les quatre organisations syndicales représentatives du personnel ». Le groupe, dont les deux raffineries en France sont à l’arrêt, se dit « convaincu (que) la qualité du dialogue social engagé et ininterrompu avec les organisations représentatives du personnel permettra de sortir rapidement du conflit ».

Les discussions sur les salaires ont démarré chez Esso France dès le 20 septembre. La proposition pour l’instant sur la table n’a été approuvée que par la CFE-CGC. La branche française du groupe américain a réclamé dimanche l’arrêt de la grève. La pression des responsables gouvernementaux s’était accrue ces derniers jours sur les deux groupes et les grévistes pour qu’ils négocient.

« Je tiens à réaffirmer l’appel très ferme du gouvernement aux dirigeants et aux organisations syndicales de TotalEnergies et d’Esso : une issue doit être trouvée sans délai dans le cadre du dialogue social (…) Les Français ne doivent pas subir davantage les conséquences d’un mouvement social », a affirmé Mme Pannier-Runacher.

Faire le plein en Belgique

Agnès Pannier-Runacher a exhorté « tous nos concitoyens à ne pas faire de stock », certaines stations-service étant prises d’assaut avec 30 % à 35 % de consommation supplémentaire.

Dimanche, nombre d’entre elles faisaient toujours face à des ruptures. « Je suis chauffeur de taxi, ça fait deux jours que je ne peux plus travailler », déplorait Thierry, 60 ans, qui commençait à s’impatienter après trois heures à attendre une livraison à la station Esso du boulevard de la Villette, à Paris.

Dans les stations-service, la situation s’est encore corsée dimanche dans les Hauts-de-France, où 54,8 % d’entre elles rencontraient des difficultés, et en Ile-de-France, où 44,9 % étaient en rupture sur au moins un carburant.

Le gouvernement, qui a en effet puisé dans les réserves stratégiques du pays et augmenté les importations de carburant pour faire face à la crise, a rappelé que des camions citernes avaient été autorisés à circuler tout le week-end.