Lyon : Le métro de Lyon est-il actuellement le pire de France ?

SERIE NOIRE Depuis six semaines, les « pannes majeures » s’enchaînent sur le réseau du métro lyonnais. Jeudi, les quatre lignes ont été paralysées simultanément. Du jamais vu

Caroline Girardon
Depuis six semaines, les métros de Lyon sont victimes d'une série de "pannes majeures" sans précédent.
Depuis six semaines, les métros de Lyon sont victimes d'une série de "pannes majeures" sans précédent. — Caroline Girardon / 20 Minutes
  • Jeudi, les quatre lignes de métro sont simultanément tombées en panne à Lyon, ce qui n’était encore jamais arrivé.
  • Ce énième incident majeur vient s’ajouter à une longue liste de graves dysfonctionnements enregistrés sur le réseau lyonnais depuis désormais six semaines.
  • Le métro de Lyon serait-il le plus mauvais élève de la classe ?

Le métro de Lyon ? « Il y a toujours un souci », peste une usagère à l’heure du chaos. « C’est inadmissible, c’est toutes les semaines comme ça », s’énerve une étudiante. « Ras-le-bol », enrage un actif. Jeudi après-midi, les quatre lignes du métro de Lyon sont tombées en panne simultanément, ce qui n’était encore jamais arrivé.

Le réseau est resté paralysé pendant quasiment cinq heures. Environ 1.500 passagers bloqués dans certaines rames ont dû attendre l’intervention des agents de sécurité et des pompiers pour être évacués par les souterrains. Un air de déjà-vu. Depuis six semaines, les « pannes majeures » s’enchaînent sur le réseau lyonnais. Celle de jeudi, qualifiée d' « apothéose du cauchemar » par les élus de l’opposition, était la sixième de cette « série noire ». Le système informatique est tombé en rade pour une raison encore inconnue. Le système de secours, lui, n’a pas pris le relais.



« Le métro, c’est clairement une catastrophe par rapport au RER ou au métro à Paris », ne décolère pas une utilisatrice. « A Lyon, c’est le pire ! », abonde sa voisine. Le métro de Lyon mérite-t-il pour autant d’être coiffé d’un bonnet d’âne ? Si les dernières semaines ne plaident pas en sa faveur, il suffit de regarder ailleurs pour constater que le problème n’est pas propre aux TCL.

Keolis embarrassé à l’heure des explications

A Paris, les pannes sont légion. Il faut dire qu’avec ses 228 kilomètres de rails, le réseau est tentaculaire. Le 5 octobre, la ligne 3 a été paralysée deux heures en raison d’un « incident technique » après avoir connu le même souci au cours du mois de juin. Au mois d’avril, la ligne 8 a été perturbée par une « panne de matériel ». Coincés dans le noir, les passagers ont, eux aussi, dû être évacués par les tunnels après deux heures d’attente dans les rames. Sans parler de la ligne 14, pourtant la plus récente, qui a enchaîné les cartons rouges durant trois jours consécutifs au mois d’août. Le réseau toulousain, doté de deux lignes de métro, n’est pas en reste. Au mois de juillet, la ligne B victime d’un incendie a paralysé le réseau avant rester fermée plusieurs jours.

Mais aucun réseau de France n’a connu un tel enchaînement de dysfonctionnement en aussi peu de temps. Alors à l’heure des explications, le gestionnaire Keolis se montre bien embarrassé. « On ne sait pas ce qu’il s’est passé, des analyses sont en cours pour identifier l’origine de chacune des pannes », indique-t-on. A terme, elles devraient permettre de savoir s’il s’agit réellement d’une incroyable coïncidence ou déterminer un éventuel lien de cause à effet. Car la répétition des incidents interroge grandement.