Quatre salariés de RTE entendus en garde à vue à la DGSI en lien avec des dégradations sur le réseau électrique

Cybercriminalité L’enquête a été ouverte le 29 juillet, notamment pour entrave à un système de traitement de données et sabotage informatique

20 Minutes avec AFP
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Le siège de RTE, un gestionnaire de réseau de transport d'électricité français, dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris, vendredi 2 septembre 2022.
Le siège de RTE, un gestionnaire de réseau de transport d'électricité français, dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris, vendredi 2 septembre 2022. — Lewis Joly/AP/SIPA

Des « salariés lambda » qui ont réalisé une « action symbolique », selon la CGT. Ces quatre salariés de RTE (réseau de transport d’électricité) ont néanmoins été placés en garde à vue, mardi, dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à la suite de dégradations majeures sur le réseau, a-t-on appris, ce mercredi, de source proche du dossier.

Le parquet de Paris a confirmé le placement en garde à vue de quatre hommes âgés de 31 à 35 ans, employés de RTE, dans le cadre d’une enquête de sa section cybercriminalité. L’enquête a été ouverte le 29 juillet pour entrave à un système de traitement de données, sabotage informatique, accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données, ainsi que pour introduction, modification et suppression de données d’un tel système, a précisé le parquet.

Le fait que les salariés sont entendus dans les locaux de la DGSI s’explique par le statut de RTE, opérateur d’importance vitale pour le fonctionnement du pays. RTE avait déposé plainte cet été à la suite des dégradations, qui auraient entraîné des coupures de courant, a indiqué la source proche du dossier, précisant que les faits reprochés étaient de droit commun.

« Action symbolique »

Dans la matinée, la CGT a diffusé un communiqué pour dénoncer des « services antiterroristes utilisés pour faire taire les revendications salariales des agents ». Le syndicat affirme que les quatre salariés, basés dans le Nord, sont suspectés d’avoir « programmé le passage en local de postes électriques ». « Il s’agit, a poursuivi la CGT, d’une action symbolique de reprise en main de l’outil de travail, fréquente lors des grèves, qui n’a aucune incidence sur la continuité de l’alimentation électrique, ni même sur la sécurité des gens et des personnes ».



« Ce sont des salariés lambda, quatre techniciens de maintenance de la région Nord », a déclaré à l’AFP Francis Casanova, délégué syndical central CGT pour RTE, selon qui, pour une « action symbolique », ils « se retrouvent en garde à vue pendant 96 heures comme les pires des terroristes pour rien ! ». « C’est un truc de dingue ! », s’est-il exclamé. Francis Casanova y voit « une volonté de réprimer le mouvement social », rappelant qu’il y a eu des actions pendant plusieurs mois à RTE pour des augmentations de salaires, sans que les grévistes obtiennent gain de cause. Un rassemblement à l’initiative de la CGT est prévu jeudi à 14 heures devant le siège de RTE dans le quartier de La Défense, en proche banlieue parisienne.