Bordeaux : L’Etat attaqué en justice en raison des conditions de détention à la prison de Gradignan

PENITENTIAIRE L'Observatoire international des prisons et l'ordre des avocats de Bordeaux viennent de déposer une requête pour injonction de travaux et d'accueil dignes pour les détenus, qui sera examinée jeudi par le tribunal administratif

M.B. avec AFP
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La façade d'entrée de la maison d'arrêt de Gradignan.
La façade d'entrée de la maison d'arrêt de Gradignan. — S. ORTOLA

Surpopulation, insalubrité et cafards : l’Observatoire international des prisons et l’Ordre des avocats de Bordeaux réclament à l’État de mettre fin aux conditions de détention « indignes » du centre pénitentiaire de Gradignan.

Leur requête, déposée pour injonction de travaux et d’accueil dignes pour les détenus du centre pénitentiaire avec le Syndicat des avocats de France et une association de défense des détenus (A3D), sera examinée jeudi à 15h30, par le juge des référés au tribunal administratif de Bordeaux, ont-ils annoncé ce lundi dans un communiqué. 

« L’hébergement d’êtres humains devrait y être proscrit »

« Nous demandons qu’il soit ordonné à l’administration pénitentiaire de mettre en oeuvre des mesures urgentes pour accueillir dignement les personnes incarcérées », précise l'ordre des avocats dans ce même communiqué.

Mi-juillet, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, avait dénoncé des conditions de détention « inhumaines » à Gradignan, en particulier à la maison d’arrêt des hommes.

« L’hébergement d’êtres humains devrait y être proscrit », avait-elle écrit dans un rapport accablant en décrivant des murs « lépreux », des lits vétustes, une grande saleté et un espace de vie réduit à trois mètres carrés. « Il y a beaucoup de cafards ici, il fait froid aussi », a témoigné lundi Frédéric, un détenu, lors d’une visite du rapporteur du budget de l’administration pénitentiaire, le député Renaissance de la 6e circonscription de Gironde, Éric Poulliat.

« Je ne dirige pas un hôtel, alors on remplit »

Début octobre, la prison de Gradignan comptait 794 détenus pour 305 places, soit une « surpopulation de 217 % dans le secteur des hommes », selon son directeur Dominique Bruneau qui décrit un établissement « sous-dimensionné » face à l’afflux de détenus. Fin mai, l’établissement a été le plus peuplé de France avec un taux d’occupation de 240 %, et 150 matelas au sol.

« On ne peut pas mettre une pancarte à la porte disant : « c’est complet ». Je ne dirige pas un hôtel, alors on remplit », déplore le directeur.