Tarn : Un maire menacé de mort à cause d’un projet de forage d’exploration d’eau de Danone

VIOLENCES Le maire de Murat-sur-Vèbre a trouvé un message sur lequel était écrit « Vidal crève » devant son domicile

M.B.
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Une plainte doit être déposée par l'élu lundi
Une plainte doit être déposée par l'élu lundi — SICCOLI PATRICK/SIPA

La tension est encore montée d’un cran, dans le village de Murat-sur-Vèbre (Tarn). Samedi, le maire de cette commune de 840 habitants implantée dans les Monts de Lacaune, a trouvé un tag de menace de mort devant son domicile. « Vidal crève » était-il écrit, rapporte La Dépêche du Midi.

Daniel Vidal essuie depuis des semaines des menaces, sur les réseaux sociaux notamment, en raison d’un projet de forages d’exploration d’eau, porté par la multinationale Danone sur le périmètre de la commune, et qui suscite une vive polémique. Le préfet du Tarn a rapidement apporté son soutien au maire de Murat-sur-Vèbre, indiquant que ces menaces étaient « inacceptables. »



Projet de captage d’eau souterraine pour l’usine de La Salvetat

La Société anonyme des eaux minérales d’Evian (Saeme), propriété de Danone, exploite et commercialise l’eau de la source La Salvetat, sur la commune de La Salvetat-sur-Agout (Hérault) à une vingtaine de kilomètres de Murat. Depuis mars, l’industriel mène un forage de reconnaissance de la nappe souterraine alimentant une source située à Murat-sur-Vèbre, dont les caractéristiques pourraient être proches de celles de La Salvetat, rapporte Le Monde. Un projet dénoncé par plusieurs habitants et agriculteurs, qui craignent notamment une atteinte aux ressources en eau. En juin, ils ont fondé le Collectif de défense de l’eau du Montalet.

Daniel Vidal ressasse de son côté qu’il n’est ni à l’initiative, ni décisionnaire dans ce dossier. Contacté par La Dépêche du Midi, l’élu, qui portera plainte lundi, explique que « certains comprennent que ce projet n’en est qu’au stade d’étude, autorisée par l’Etat, et d’autres ne veulent pas comprendre et font des raccourcis qui me visent ».

En attendant, l’élu a été obligé de changer de numéro de téléphone.