Pédocriminalité dans l’Eglise : 45 victimes ont obtenu une réparation financière

Justice Créée par l’épiscopat en novembre 2021, l’Inirr propose des réparations aux victimes de prêtres ou laïcs dans les diocèses

20 Minutes avec AFP
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Marie Derain de Vaucresson a été choisie par les évêques de France pour piloter l'instance d'indemnisation des victimes de pédocriminalité dans l'Eglise.
Marie Derain de Vaucresson a été choisie par les évêques de France pour piloter l'instance d'indemnisation des victimes de pédocriminalité dans l'Eglise. — Valentine CHAPUIS / AFP

Quarante-cinq personnes victimes de pédocriminalité dans l’Eglise ont eu ou vont recevoir prochainement une réparation financière, a annoncé vendredi la présidente de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) qui a aussi précisé avoir « renforcé » ses équipes.

A la fin septembre, sur 1.004 demandes de réparation enregistrées à l’Inirr depuis le début de l’année, « 60 décisions ont été rendues, dont 45 comprennent un volet financier », a déclaré Marie Derain de Vaucresson lors d’une conférence de presse qui se tenait presque un an après la publication du rapport choc de la commission Sauvé sur la pédocriminalité dans l’Eglise catholique depuis 1950.

Un dossier à présenter

Créée par l’épiscopat en novembre 2021, l’Inirr propose des réparations aux victimes de prêtres ou laïcs dans les diocèses, établissements ou mouvements de jeunesse catholiques, etc. (à l’exception des congrégations).

La demande, lorsqu’elle comprend un volet financier, est évaluée à partir de « trois échelles de gravité » et peut aller jusqu’à 60.000 euros au maximum.

Sur ces 45 dossiers à volet financier, 23 ont été payés par le Selam, le Fonds de secours et de lutte contre les abus sur mineurs dans l’Église catholique, la structure qui verse les réparations financières une fois rendues les décisions de l’Inirr. Les 22 autres décisions « sont en train d’être finalisées » et seront prochainement transmises à ce fonds, selon Mme Derain de Vaucresson.



Un besoin de reconnaissance

Et au total, 160 situations sont en cours de traitement, c’est-à-dire que la personne est accompagnée par une personne « référente ».

Certaines victimes expriment par ailleurs le besoin d’une autre reconnaissance - pas pécuniaire cette fois - qui passe par un souhait d' « écriture », de participer à un « groupe de parole », de pratiquer de « l’art-thérapie », ou encore de « rencontrer une personne du diocèse », a souligné la présidente.

Elle a aussi indiqué que son instance « ajustait sa façon de travailler », en ayant le souci d’une plus grande « proximité » et « plus forte humanisation » de l’accompagnement. « Ca peut prendre du temps, mais c’est parce que la démarche est singulière », a-t-elle assuré.

L’Inirr à l’écoute des victimes

En outre, l’Inirr, qui comptait trois référents salariés, a « renforcé » ses équipes, passant à « sept référents » salariés (qui travaillent au 3/5e de temps) et cinq bénévoles. Toutefois, « 15 équivalents-temps plein » seraient nécessaires pour cette première année, a affirmé Derain, souhaitant, dans les prochaines semaines, passer à une « accélération nette » dans le traitement des demandes.

Une autre instance, la Commission reconnaissance et réparation (CRR), a, elle, été créée pour les victimes d’agresseurs au sein de congrégations religieuses, leur proposant une médiation.

Interrogée, elle a affirmé que sur 400 dossiers relevant de sa compétence, « au moins 15 victimes ont été payées par les congrégations religieuses », dont 4 pour des montants portant sur la tranche 50.000-60.000 euros.