Crise énergétique : La sobriété déjà adoptée depuis janvier dans des stations des Alpes du sud

EFFET BOULE DE NEIGE Les stations de ski de la métropole Nice Côte d’Azur subissent les conséquences de la hausse prix de l’énergie mais à moindre coût comparé aux stations voisines

Elise Martin
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A Isola 2000 (Illustration)
A Isola 2000 (Illustration) — Archives F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Avec la hausse des prix de l’énergie, les stations de ski sont inquiètes pour la saison 2022-2023.
  • Celles qui font partie de la métropole Nice Côte d’Azur ont moins de soucis à se faire grâce au contrat d’énergie renégocié en décembre 2021 qui gèle les prix jusqu’en décembre 2023.
  • Les stratégies d’économie d’énergie avaient par ailleurs été enclenchées dès le mois de janvier 2022 dans les domaines skiables métropolitains, assure le responsable Frédéric Gil.

Lors du congrès des domaines skiables de France qui s’est déroulé à Lyon jeudi et vendredi, les stations de ski ont affiché une large mobilisation pour la sobriété énergétique. Une stratégie déjà « adoptée depuis janvier », affirme de son côté Frédéric Gil, le directeur général des domaines de la métropole niçoise.

Comme l’a annoncé le maire de Nice Christian Estrosi, président de la collectivité, il y a deux semaines, le contrat global des stations avec EDF a été « renégocié en décembre 2021 » pour une durée de deux ans et en gelant les prix.

Une stratégie qui a permis, selon Frédéric Gil, « de contenir une hausse trop importante. On est passé de 58 euros le kWh à 120 ou 180 selon nos stations. Mais on est loin de ce qui peut se passer ailleurs. » Certains domaines français se demandent en effet s’ils ne devront pas fermer partiellement cet hiver en voyant leur facture se multiplier par 10, par 15 « ou même parfois par 20 », commente Mylène Agnelli, vice-présidente de l’association nationale des maires de station de montagne.

Le forfait jour augmente de 2 euros

La maire d’Isola et Isola 2000, station de la métropole Nice Côte d’Azur, est donc mieux lotie. « Ici, le prix est multiplié par 4. C’est donc relativement gérable comparé à certains de nos voisins. Mais on ne pouvait pas non plus assurer notre activité comme d’habitude sans conséquence. » L’élue a donc annoncé que le prix du forfait pour la journée passerait à 38 euros, au lieu de 36, pour cette saison, qui commencera début décembre. Une décision votée par le conseil métropolitain.

Christian Estrosi annonçait pourtant en septembre « la non-augmentation des prestations » et le « maintien des tarifs » dans « les piscines, dans les gymnases, dans les établissements culturels » et confirmait qu’il en serait de même pour « les stations », la presse lui ayant réclamé cette précision. Aujourd’hui, son entourage indique qu’il assurait seulement que « tout allait continuer à tourner », sous-entendu que les remontées fonctionneraient normalement et les stations ne fermeraient pas à cause des prix de l’énergie. Soit.

Des remontées mécaniques moins rapides

Pour faire face à la crise énergétique et réduire leur consommation de 10 %, les stations de la métropole se sont donc adaptées. En prenant les devants, assure Frédéric Gil. « Nous avons enclenché une stratégie d’économie depuis le 1er janvier. Par exemple, avec une production de neige de culture activée uniquement en heures creuses ou avec des réductions de vitesse des remontées mécaniques. On a également équipé nos dameuses d’une technologie qui permet d’avoir des indications précises en fonction du dénivelé et de la hauteur de neige. Ainsi, elles sont moins énergivores et plus efficaces ». En parallèle, le personnel a été formé par anticipation à la saison 2022-2023, notamment à l’écoconduite.



Le directeur des stations de la métropole assure alors qu’il n’y aura finalement « que peu de conséquences pour la clientèle ». « Il n’a jamais été envisagé de fermer », assure de son côté la maire d’Isola qui promet que « l’objectif est la poursuite des réductions de consommation d’énergie ».