Lyon : « On attend depuis deux mois de récupérer le corps de notre sœur »

TEMOIGNAGE Ouarda Griche est décédée dans l’incendie de son appartement, le 6 août dernier. Depuis, sa famille n’a toujours pas pu récupérer son corps auprès de l’institut médico-légal de Lyon

Caroline Girardon
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Ouarda Griche est décédée dans l'incendie de son appartement, le 6 août dernier. Depuis, sa famille n'a toujours pas pu récupérer sa dépouille auprès de l'institut médico-légal de Lyon. (illustration).
Ouarda Griche est décédée dans l'incendie de son appartement, le 6 août dernier. Depuis, sa famille n'a toujours pas pu récupérer sa dépouille auprès de l'institut médico-légal de Lyon. (illustration). — MICHEL GANGNE
  • Agée de 58 ans, Ouarda Griche est décédée le 6 août dans son appartemement, où s’était déclenché un incendie.
  • Deux mois après, son corps n’a toujours pas été rendu à ses proches.
  • Sa famille, qui se désespère de pouvoir le récupérer, ne dispose d’aucune information depuis le drame. Elle s’est confiée à 20 Minutes.

« On ne comprend pas ce qu’il se passe, on aimerait avoir des réponses ». Depuis deux mois, Ali Griche se désespère de pouvoir récupérer la dépouille de sa sœur. Ouarda, âgée de 58 ans, est décédée le 6 août dernier dans l’incendie de son appartement à Rillieux-la-Pape, près de Lyon. Un appartement dans lequel elle venait d’emménager. « Cela fait seulement deux jours qu’elle y habitait. On était désormais à côté l’un de l’autre », se remémore son frère.

Que s’est-il passé cette nuit-là ? Une cigarette mal éteinte, de la cendre tombée sur un coussin pourrait être à l’origine du sinistre. Le feu est parti du balcon. Ouarda, qui résidait au premier étage, est la seule personne à avoir péri dans les flammes. « On nous a appelés le matin vers 6h30-7 heures pour nous dire que ma sœur était décédée et qu’elle avait été retrouvée calcinée dans son appartement. Mon frère s’est immédiatement rendu sur place. Moi, je suis restée avec notre mère », poursuit Ali.

« On nous balade »

Comme l’exige la procédure, le corps de la victime a été transféré à l’institut médico-légal de Lyon. « Pour l’identifier formellement, on nous a demandé de fournir des résultats ADN et des radiographies », explique Ali. La famille récupère les documents demandés et les fait parvenir « une à deux semaines » après le décès de la frêle Ouarda. « Depuis, on nous balade. Il y a trois semaines, j’ai téléphoné. C’était un mercredi. On m’a répondu que son corps nous serait rendu deux jours plus tard, le vendredi. Rien ne s’est passé, on attend toujours », se désole-t-il.

Le permis d’inhumer n’a toujours pas été délivré. Les mails envoyés aux services concernés restent lettre morte. La police indique faire son travail, l’institut médico-légal aussi. « On aimerait comprendre pourquoi ça prend autant de temps, surtout on aimerait avoir des explications parce que chacun se renvoie la balle. Et nous, nous ne savons toujours rien, déplore Ali Griche. Mes frères et sœurs et moi, on encaisse mais le plus dur, c’est pour maman. Elle est tombée en dépression. »

Mercredi, l'homme s’est rendu à l’institut médico-légal accompagné de sa mère. Cette fois, ils ont pu rencontrer le médecin ayant pratiqué l’autopsie et obtenir de bien maigres informations. « Il nous a précisé qu’il restait encore des examens à pratiquer car il suspectait un cas de maltraitance. » Ouarda, qui vivait seule et n’avait pas d’enfants, était anorexique. « Elle avait une santé fragile. Il lui arrivait de tomber et d’être hospitalisée. C’est peut-être ça qui a éveillé un doute », confie Ali. La famille, elle, se sent tenue à l’écart. Presque oubliée. « Le plus insupportable c’est le silence. Le fait de n’avoir aucune information, ni toujours aucune date à laquelle on pourrait enfin dire au revoir à ma sœur », conclut Ali.

Le parquet de Lyon que nous avons sollicité n’a, pour l’instant, pas répondu.