Ecole : Le niveau de français progresse en primaire et se stabilise au collège

APPRENTISSAGE De forts écarts se creusent en fonction de l’origine sociale et de la scolarisation en éducation prioritaire

20 Minutes avec AFP
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La rentrée des classes de l'école maternelle et primaire de Saint-Ouen de Mimbre  Les 80 élèves sont repartis en trois classes de primaires et deux de maternelles
La rentrée des classes de l'école maternelle et primaire de Saint-Ouen de Mimbre Les 80 élèves sont repartis en trois classes de primaires et deux de maternelles — PATRICK SICCOLI PATRICK/SIPA

Les performances des élèves en français ont légèrement progressé en CM2 et sont restées quasi stables en fin de collège entre 2015 et 2021, mais avec de forts écarts en fonction de l’origine sociale et de la scolarisation en éducation prioritaire ou pas, selon des études.

En 2021, en fin de primaire (CM2), 62,5 % des élèves ont une maîtrise satisfaisante des compétences exigibles, contre environ 60 % jusqu’en 2015, selon l'évaluation nationale par discipline (dispositif Cedre) du ministère de l’Education nationale, publiée mercredi.

Le score moyen en légère hausse

Le score moyen des élèves passe de 251 à 254 points entre 2015 et 2021, alors qu’il était stable depuis 2003, ajoute ce bilan, renouvelé tous les cinq ou six ans. Il porte sur un échantillon représentatif de 264 écoles, totalisant 7.886 jeunes.

Cette augmentation du niveau global est « d’autant plus notable qu’elle intervient un an après la fermeture des écoles en mars-avril 2020 en raison de la crise sanitaire », relève la Depp, l’agence des statistiques du ministère de l’Education, qui mène cette enquête.

Elle précise que l’épreuve de 2021 concerne des élèves entrés majoritairement en CP en 2016, soit un an avant la mise en œuvre de la politique de dédoublement des CP dans l’éducation prioritaire.

Des différences de niveaux marquées

Cette hausse est par ailleurs portée par les élèves du secteur public hors éducation prioritaire. Ceux qui sont en éducation prioritaire ou dans le privé ne voient pas leurs performances évoluer de manière significative.

Les différences de niveaux restent par ailleurs très marquées par l’origine sociale des élèves, le score moyen progressant à mesure que le niveau social augmente, souligne l’étude.

Selon une seconde étude Cedre, portant sur le collège, le niveau des élèves en français en classe de 3e connaît quant à lui une légère baisse entre 2015 et 2021, mais non significative.

Le poids de l’origine sociale

Derrière cette stabilité d’ensemble, la Depp pointe notamment une baisse des résultats en éducation prioritaire. Les élèves qui y sont scolarisés voient leurs performances baisser depuis 2015, tandis qu’elles sont stables dans le secteur public hors éducation prioritaire.

En éducation prioritaire, 30,2 % des élèves se situent dans les groupes de bas niveau et peuvent être considérés comme en difficulté ou en grande difficulté, soit quasiment le double par rapport aux élèves du public hors éducation prioritaire (16,6 %).

Le poids de l’origine sociale sur les performances des élèves se confirme, « en particulier dans les établissements accueillants les plus et les moins favorisés », souligne la Depp, dont l’étude porte sur 8.000 élèves, scolarisés dans 302 collèges.