Alsace : Une mosquée « radicale » visée par une procédure de fermeture administrative

CULTE La mosquée d’Obernai pourrait bientôt être obligée de fermer, pendant six mois maximum. Une procédure administrative a été lancée. L’imam qui y prêche est soupçonné de « diffuser un islam salafiste »

T.G. avec AFP
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Gérald Darmanin, le Ministre de l'Intérieur.
Gérald Darmanin, le Ministre de l'Intérieur. — Jacques Witt/SIPA
  • La mosquée d’Obernai, dans le Bas-Rhin, est dans le viseur du ministère de l’Intérieur.
  • L’imam de la mosquée, arrivé en 2017, est « connu pour se livrer à un prosélytisme radical dans le Bas-Rhin depuis une douzaine d’années », a assuré la place Beauvau.
  • Dans le détail, il est reproché à l’imam de « diffuser un islam salafiste », de « légitimer la polygamie », « d’appeler la discrimination à l’encontre des juifs, des homosexuels et des femmes », de « légitimer la violence envers les caricaturistes » et de « se réjouir des attentats avec des propos complotistes » les attribuant à « l’Etat français, islamophobe ».

Une nouvelle mosquée se trouve dans le viseur du ministère de l’Intérieur. Gérald Darmanin a lancé mercredi la procédure de fermeture administrative d’une mosquée à Obernai (Bas-Rhin), accusée de faciliter « la diffusion d’une idéologie radicale ».

L’imam de la mosquée, arrivé en 2017, est « connu pour se livrer à un prosélytisme radical dans le Bas-Rhin depuis une douzaine d’années », a assuré la place Beauvau, confirmant une information du Figaro. Il manifeste « une hostilité évidente envers la société française, multiplie les propos provocateurs et hostiles aux valeurs républicaines et encourage les fidèles dans cette vision radicale », ajoute le ministère de l’Intérieur.



La procédure, formellement engagée par la préfète du Bas-Rhin, prévoit une phase contradictoire de dix jours pendant laquelle l’association gestionnaire de la mosquée peut faire valoir ses observations, avant une éventuelle fermeture, dont la durée ne peut excéder six mois.

« Islam salafiste »

Dans le détail, il est reproché à l’imam, aux yeux de Beauvau, de « diffuser un islam salafiste », de « légitimer la polygamie », « d’appeler la discrimination à l’encontre des juifs, des homosexuels et des femmes », de « légitimer la violence envers les caricaturistes » et de « se réjouir des attentats avec des propos complotistes » les attribuant à « l’Etat français, islamophobe ».

Le ministère de l’Intérieur affirme que, sous son influence, plusieurs jeunes fréquentant la mosquée se sont « radicalisés » et que certains ont « quitté la France pour aller étudier dans des écoles coraniques, en Égypte ou au Yémen ».

L’association gestionnaire de ce lieu de culte est par ailleurs accusée de « cautionner » les « propos » et les « agissements » de cet imam, « qui n’ont jamais fait l’objet d’une quelconque condamnation ou modération » de sa part.

« Ces deux dernières années, 23 lieux de cultes séparatistes ont été fermés », a tweeté Gérald Darmanin. Selon le ministère de l’Intérieur, la France compte 2.623 mosquées et salles de prières. Sur ce total, une centaine, soupçonnées de séparatisme, ont été mises sous surveillance, ce qui a permis le lever les doutes pour une trentaine d’entre elles. Le reste, qui représente une cinquantaine de lieux de culte musulman, reste sous la surveillance du ministère.