Champagne : la CGT appelle à la grève pour une hausse « immédiate » des salaires

MOBILISATION La CGT réclame « une augmentation immédiate de 3,3 % des salaires » dans la filière champagne

20 Minutes avec agence
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Du champagne (illustration).
Du champagne (illustration). — Thomas B / Pixabay

La production de champagne menacée ? La CGT a appelé à une grève des salariés de la filière ce mercredi pour réclamer une hausse immédiate des salaires et la revalorisation des primes de transport face « à l’inflation galopante » et à l’explosion des prix de l’énergie ; rapporte France Bleu Champagne-Ardenne.

La Commission tripartite du champagne, qui regroupe les délégations représentatives des employeurs, ainsi que des syndicats du régime général et agricole, se réunit habituellement une fois par an en janvier, pour négocier les barèmes de salaires et avantages sociaux minimum. « Face à l’inflation galopante, nous avons demandé en juin une réunion exceptionnelle avec l’Union des maisons de Champagne (UMC), obtenue le 20 septembre. Mais nous n’avons reçu que mépris, ils n’ont fait que nous renvoyer vers les aides d’Etat », déplore auprès de l’AFP le secrétaire général de la CGT Champagne, José Blanco.

Toutes les maisons touchées ?

La CGT réclame « une augmentation immédiate de 3,3 % des salaires » pour « coller » au taux d’inflation, estimé par l’Insee à 5,9 % sur un an en août. « Nous appelons donc à un arrêt de travail dès 14 h » dans « toutes les maisons », a-t-il dit, estimant que le mouvement serait « très suivi », la CGT étant « largement majoritaire ».

Si une augmentation de 2,6 % avait été consentie en janvier dernier, « le mode de calcul est basé sur l’année passée, ça ne colle plus à la situation actuelle », a-t-il jugé. « Le Smic est en train de rattraper nos salaires », « certains salariés débutants sont à 1.300 euros par mois ».

Des ventes records en 2021

Les ventes de champagne ont atteint des records en 2021, avec plus de 320 millions de bouteilles écoulées, et un chiffre d’affaires de quelque « 5,5 à 5,7 » milliards d’euros. Et ces chiffres pourraient encore être battus cette année, a-t-il rappelé.

Si la négociation a lieu en janvier, « c’est parce qu’on attend le résultat des maisons, et l’inflation moyenne annuelle », a expliqué à l’AFP Michel Letter, président de la commission tripartite et représentant des employeurs. « J’ai été surpris de cette demande en séance (…) ils savent que ça ne fonctionne pas comme ça », a-t-il dit.

Comprenant les revendications, il dit avoir « proposé qu’on avance la négociation au 15 décembre ». « C’est vrai, les ventes ne sont pas mauvaises, mais il faut regarder l’augmentation du coût des matières premières, du transport (…) » et « les résultats des maisons », qui peuvent être très différents de l’une à l’autre, a-t-il tranché.