Nîmes : Il manque des chauffeurs de bus scolaires (et les parents galèrent)

TRANSPORTS Selon l’agglomération de Nîmes, qui a proposé une formation à une soixantaine de candidats, 300 enfants sont impactés par cette pénurie

Nicolas Bonzom
Une panneau indiquant une voie de bus (Illustration).
Une panneau indiquant une voie de bus (Illustration). — Adil Benayache/SIPA
  • L’agglomération de Nîmes, comme d’autres en France, est confrontée à une pénurie de chauffeurs de bus scolaires. Il manque 11 conducteurs, chez Tango, « pour assurer pleinement le service de desserte prévu ».
  • Pour les enfants et leurs parents, quand le trafic est perturbé, c’est la galère.
  • Pour tenter de rétablir le trafic, le réseau des transports de Nîmes a proposé, avec Pôle emploi, une formation, le 20 septembre dernier, « à une soixantaine de candidats potentiels au métier de conducteur de bus ».

Après la pénurie de main-d’œuvre dans la restauration et dans la viticulture, c’est le secteur des transports qui peine à recruter. Un peu partout en France, les entreprises galèrent, notamment, pour trouver des chauffeurs de bus scolaires. C’est le cas à Nîmes (Gard). Selon l’agglomération, sur les quelque 15.000 élèves qui rejoignent chaque jour leurs établissements avec un bus Tango, près de 300 d’entre eux sont « impactés par cette pénurie de conducteurs, qui touche notamment les lignes périurbaines et rurales desservant les collèges de Bouillargues, Clarensac et Marguerittes ».

« Dès qu’un conducteur manque, soit les services qu’il doit réaliser sur une ligne donnée sont maintenus grâce à la modulation des plannings si cela est possible, soit ils sont "dégradés", c’est-à-dire assurés partiellement par d’autres conducteurs présents, soit ils sont supprimés car aucun autre chauffeur ne peut être affecté », indique la collectivité. Il manque 11 conducteurs « pour assurer pleinement le service de desserte prévu ».

Pour les enfants (et leurs parents), c’est, quand le trafic est perturbé, une grosse galère. Nathalie, maman d’un lycéen, est « bien évidemment » en colère. D’autant, dit-elle, qu’elle n’est « jamais prévenue » à l’avance. Ces jours-là, c’est la débrouille. « Nous l’emmenons en voiture, ou bien mes parents, confie-t-elle. C’est arrivé plusieurs fois. »

Le fils d’Isabelle, lui, part en bus au collège. Mais les horaires sont inadaptés, regrette cette maman. Et certains bus sont pleins à craquer. La solution, quand elle ne peut pas faire autrement, c’est de « l’accompagner en voiture ». « Bel esprit écolo, alors que je vais bosser à vélo ! », soupire-t-elle. L’autre alternative, c’est qu’il « descende en trottinette, quand son sac n’est pas trop lourd ». Mais, vu le trafic dans le coin, ça n’enchante pas sa maman. Pour tenter de rétablir le trafic, Transdev et la Coop Voyageurs 30, qui œuvrent pour le réseau des transports de Nîmes, ont proposé, avec Pôle emploi, une formation « à une soixantaine de candidats potentiels au métier de conducteur de bus ».

Bon nombre se sont montrés intéressés, et vont attaquer une formation de trois à six mois. Enfants et parents devront donc patienter encore un peu, avant que tout rentre dans l’ordre. « Nous avons conscience des efforts demandés aux usagers le temps que les nouveaux conducteurs soient formés », confie Claude de Girardi, déléguée au transport routier urbain et périurbain de l’agglomération, qui promet qu’en cas d’annulation d’un trajet, les usagers concernés seront prévenus « la veille en fin de journée » sur le site Internet et les réseaux sociaux de Tango. Afin « de permettre aux familles de s’organiser pour l’accompagnement de leurs enfants jusqu’à leur établissement scolaire ».