Pays basque : Libération conditionnelle accordée pour deux ex-membres de l’ETA

JUSTICE Les deux ex-etarras avaient été condamnés à perpétuité et purgeaient leur peine depuis trente-deux ans

20 Minutes avec AFP
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Manifestation en faveur des prisonniers basques Jakes Esnal et Ion Parot
Manifestation en faveur des prisonniers basques Jakes Esnal et Ion Parot — Bob Edme

La cour d’appel de Paris a confirmé jeudi la libération conditionnelle des détenus basques Jakes Esnal et Ion Parot, tous les deux âgés de 71 ans, à l’issue d’une période probatoire d’un an de détention à domicile, a indiqué une source judiciaire à l’AFP.

« La chambre de l’application des peines de la cour d’appel de Paris a confirmé ce jour deux jugements du tribunal de l’application des peines de Paris compétent en matière de terrorisme » qui avaient accordé à ces deux anciens membres de l’organisation séparatiste ETA des « mesures de détentions à domicile sous surveillance électronique pendant une année, probatoires à une libération conditionnelle d’une durée de dix années », a détaillé cette source.

« Efforts sérieux de réadaptation sociale »

Ion Parot et Jakes Esnal, incarcérés depuis trente-deux ans, ont été arrêtés en 1990, puis condamnés en 1997 à la réclusion criminelle à perpétuité aux côtés d’autres membres du « commando itinérant » d’ETA, aussi appelé commando « Argala », notamment responsable de l’attentat à la garnison de Saragosse, dans le nord de l’Espagne, en 1987, qui avait fait 11 morts dont six enfants. L’organisation a annoncé sa dissolution en 2018 après plus de quarante ans de lutte armée pour l’indépendance du Pays basque. Au total, 853 morts sont imputés à l’ETA.

Julien Brel, l’avocat de Ion Parot, a estimé que la cour avait pris en compte « ses efforts sérieux de réadaptation sociale » et « l’absence de risque de récidive », au vu de « l’évolution politique considérable » au Pays basque. Ces éléments « existaient déjà depuis longtemps » mais la justice a dû « se résoudre à considérer que le processus de paix » au Pays basque était une réalité, a-t-il indiqué à l’AFP.

Sixième demande d’aménagement de peine de Ion Parot

C’était la sixième demande d’aménagement de peine de Ion Parot. Il avait obtenu un feu vert en première instance, au mois de juin, mais le Parquet national antiterroriste avait fait appel. Il sera hébergé « du côté de Bayonne » et reprendra une activité professionnelle « de manœuvre, à temps partiel », a précisé son avocat.

Pour Jakes Esnal, il s’agissait de la seconde demande d’aménagement. Il avait obtenu un feu vert en première instance en mai 2020, décision sur laquelle la cour d’appel de Paris était revenue quelques mois plus tard, mais la Cour de cassation avait cassé cet arrêt en mars 2022, renvoyant l’affaire devant la cour d’appel.

« On est très satisfait », a réagi son avocate Maritxu Paulus Basurco auprès de l’AFP, expliquant que son client reprendrait lui aussi une activité professionnelle, sans plus de détails « pour préserver son intimité et celle de son employeur ».